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Un satellite marocain pour sauver des vies?

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MIGRANTS SEA
Darrin Zammit Lupi / Reuters
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IMMIGRATION - Sur les rivages méditerranéens, les drames se succèdent et se ressemblent tristement. Fin octobre, deux migrants guinéens, un homme et une femme, sont morts suite au renversement de leur embarcation de fortune dans les eaux territoriales au large de la plage de Tanger. La traversée vers l'Eldorado européen a tourné au drame.

Dans le lot des rescapés, une maman enceinte décède le lendemain du naufrage après son accouchement. La marine royale marocaine aura réussi à sauver une cinquantaine de personnes dont dix femmes et deux enfants.

Le rêve de ces humains a péri entre les mesures draconiennes de la migration légale et l'avidité des trafiquants. Ce commerce de la mort rapporte. Et pour cause, il en coûte entre 15.000 dirhams et 25.000 dirhams pour traverser le détroit de Gibraltar.

Les quatre derniers mois, les traversées sont quasi quotidiennes. Le trafic des migrants emprunte des chemins rodés à Hoceima, Nador, Tanger. Ils sont marocains, algériens, bangladais ou subsahariens. Les plus chanceux d'entre eux s'organisent en convois autonomes avec un nombre n'excédant pas les 15 personnes. Ils acquièrent un zodiac et bravent la mer du détroit à partir des rivages de la côte nord du royaume.

Si le mode opératoire est le même, les trafiquants semblent exploiter davantage la vulnérabilité des femmes et des enfants. Au prix de 10.000 à 15.000 dirhams le voyage, les mineurs sont devenus un créneau fructueux pour ces réseaux en raison de la protection dont bénéficient les enfants en terre européenne.

Les réseaux de trafic opèrent au niveau des frontières marocaines avec l'Algérie et celles avec les enclaves espagnoles Ceuta et Melilla. Ces régions présentent un relief géographique difficile et les routes y sont peu praticables. Ceci garantit aux trafiquants de ne pas se faire prendre et d'opérer en toute illégalité et dans la quiétude.

Par ailleurs, la complexité et l'ampleur des menaces nécessitent une approche holistique de l'ensemble des acteurs. La coopération entre institutions nationales, régionales et internationales s'impose pour combattre les groupes criminels organisés.

C'est dans ce contexte que le lancement du nouveau satellite marocain s'avère une démarche stratégique de prévention, pour mieux protéger les frontières terrestres et maritimes afin d'assurer la souveraineté nationale et sauver des vies humaines.

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