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L'OPEP en mode statu quo

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KHALID ALFALIH
Khalid al-Falih, le ministre saoudien du pétrole à la dernière réunion de l'OPEP à Vienne | Leonhard Foeger / Reuters
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Le feuilleton continue donc. La réunion semestrielle des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) le 2 juin dernier n'a débouché sur un aucun changement majeur. Le plafond de production actuelle n'est pas remis en cause (il fluctue autour de 32 millions de barils par jour ou mbj).

Il n'y a pas eu de déclarations fracassante ou même de propos sibyllins laissant entendre que la donne pourrait changer au cours des prochaines semaines voire à la prochaine réunion qui devrait se tenir à Moscou (la Russie n'est pas membre de l'Opep mais l'organisation a l'habitude de se réunir chez d'autres pays producteurs qu'elle souhaite associer à ses réflexions).

Alberta, Nigeria et Chine

C'est donc le statu quo au sein du Cartel. Il faut dire que les conditions ne sont pas mauvaises ou, en tous les cas, moins tendues qu'il y a quelques mois. Plusieurs producteurs sont confrontés à des difficultés et cela provoque des poussées haussières sur des cours qui se rapprochent de la barre des 50 dollars.

Il y a d'abord l'Alberta, la province pétrolière canadienne confrontée à d'importants incendies au cours des semaines passées et dont plusieurs champs ont été mis à l'arrêt, qu'il s'agisse d'or noir conventionnel ou produit à partir des sables bitumineux.

Ensuite, il y a, comme c'est souvent le cas, le Nigeria, où l'insécurité autour des sites s'est aggravée après plusieurs attaques ce qui a provoqué une chute des exportations. Enfin, il faut signaler le cas du Venezuela dont la situation sociale et politique se dégrade ce qui a d'importantes répercussions sur ses ventes d'or noir à l'étranger.

Avec un baril à 50 dollars, l'Opep peut voir venir. Les Saoudiens, « patrons » de l'Organisation peuvent même clamer que leur stratégie a réussi puisque leur approche de maintien de parts de marché, et donc de vannes ouvertes, n'a pas empêché la reprise des prix à la hausse.

Certes, une annonce de type « faucon » - c'est à dire qui laisserait entendre une prochaine baisse de la production - aurait pu démultiplier le rebond des prix mais Ryad continue de jouer une partie compliquée en essayant de rassurer ses clients (le pétrole restera « bon marché ») tout en veillant à causer le plus de soucis à ses cibles habituelles à savoir les producteurs de pétrole non-conventionnel et, bien sûr, le rival iranien.

Une autre lecture, moins optimiste, peut faire penser que l'Arabie Saoudite n'est pas encore convaincue de la vigueur de la reprise. Plusieurs articles de la presse spécialisée ont, en effet, mis en exergue le fait que c'est aussi la Chine qui a poussé les prix à la hausse en reconstituant une partie de ses réserves stratégiques. En clair, quand les réservoirs chinois seront remplis, il est possible que les prix reprennent le chemin de la baisse.

L'occasion de serrer les boulons ?

En tout état de cause, le maintien des cours autour de 50 dollars le baril est déjà une bonne nouvelle. En théorie, cela devrait permettre à nombre de pays producteurs d'équilibrer leurs comptes. Cela à la condition qu'ils se débarrassent des mauvaises habitudes prises au cours de la décennie précédente.

Autrement dit, qu'ils arrêtent de dépenser à tort et à travers (armement, infrastructures inutiles, importations,...) et, surtout, qu'ils cessent de minorer les perspectives budgétaires afin de dégager, par la suite, des excédents grâce à des prix réels supérieurs aux prévisions.

Mais pour que les mauvaises habitudes changent, il faudrait que la période baissière dure un peu plus longtemps. Du coup, dans le cas présent, rien ne dit que les pratiques habituelles ne reprendront pas le dessus.

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