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Diatribe pour la libération de Merzoug Touati

Publication: Mis à jour:
TOUATI MERZOUG
Facebook/Tmerzoug
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"Je lui ai demandé de cesser la grève, mais il refuse jusqu'à ce qu'on lui donne ses droits".

Emprisonné depuis le 18 janvier pour avoir diffusé sur son blog un entretien sur Skype avec un ressortissant israélien, Merzoug Touati a entamé une grève de la faim depuis le 13 septembre. Ces propos, chargés de détresses et de soif de liberté, sont ceux de sa mère.

Aujourd'hui, le 09 octobre 2017, il en est à sa vingt-septième journée de grève.

Vingt-septième.

Au-delà du débat sur le sionisme, sur l'occupation de la Palestine, sur les crimes et le bafouement sans concession des "droits de l'Homme" commis par Israël sur le peuple palestinien, il y a le droit de disposer de ses opinions; le droit de transcender ce conflit et d'établir un dialogue; le droit, simplement, de s'exprimer et d'entendre les deux partis.

Ne dit-on pas que le silence est aussi complice que la mauvaise foi ?

Prendre position, dans n'importe quel débat, dans un état dit de droit, ce n'est pas refuser l'autre pour autant. Il peut s'agir aussi d'ouverture au dialogue, à la compréhension et peut-être à la tentative de résoudre un conflit sans le recours à la violence. Un conflit qui chaque jour devient plus acerbe, plus virulent et surtout plus belliqueux.

Dans Le Périple de Baldassare, Amin Maalouf disait "Lorsque la foi devient haineuse, béni soit ceux qui doutent".

Bien qu'il ne s'agisse pas de foi ici mais de géopolitique, il reste qu'il est tout à fait légitime de suspendre un jugement hâtif sur l'entreprise d'un blogueur, quel qu'il soit et quelque soit le sujet dont il parle, tant qu'il ne comporte pas de propos outranciers. Et si nous nous levons pour demander que Justice soit faite sur le cas de Merzoug, c'est que nous savons quel rôle joue les entreprises aussi courageuses - et malheureusement trop rares - dans une société où les débats sont minés par les préjugés et les sophismes : ils font offices de nuance, de lumière crue qui se suffit, et qui suffit à elle seule à balayer tout ce qui a pu se dire ou se faire dans la haine et l'ignorance.

Le seul tord qu'on reproche à Merzoug, c'est de pratiquer cette liberté qui s'appelle « écrire ». En des termes plus limpides, il est accusé d'être libre.

Condamner Merzoug c'est faire reculer en même temps la dignité et la Justice.

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