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Un membre du présidium ne devrait pas dire cela

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En parlant de putsch au FFS, Rachid Hallet rend la séparation inévitable. Bien qu'il tienne toujours à son statut jusqu'aux prochaines assises, il n'en reste pas moins que sa sortie médiatique -si l'on s'en tient au fonctionnement des partis- ne fait qu'aggraver son cas. Du moins, je crois que cette sortie rendrait son cas indéfendable.

Et pourtant, il y a quelques jours, un tel positionnement était uniment injuste. En fait, le conflit oppose des responsables capables de se défendre devant les instances du parti et devant les militants. Bien évidemment, il ne s'agit pas, en disant cela, de charger Rachid Hallet.

Mais, en donnant l'occasion à une presse hostile par essence à la formation de feu Hocine Ait Ahmed et à tous ceux qui attendent la moindre occasion pour descendre en flammes le FFS, Rachid Hallet choisit, me semble-t-il, une mauvaise voie. En d'autres termes, il aurait dû aller à la rencontre des militants. Et s'il fallait tirer la sonnette d'alarme, les militants la comprendraient mieux.

Toutefois, une fois qu'on a dit ça, la vraie question qui se pose est la suivante : comment se fait-il que les héritiers d'un même combat -je ne crois pas que ce soit la ligne politique du parti qui pose problème -en arrivent là ? Et qui plus est, tout le monde sait que pour réaliser un grand rassemblement, il faudrait que les divergences soient aplanies par le débat.

Pour ceux qui sont attachés aux valeurs de la démocratie, les primaires en France ou aux États-Unis sont des moments qui cimentent les liens entre les militants. Bien que certaines divergences puissent paraitre insurmontables, à la fin, le vainqueur parvient à fédérer les courants au sein de son parti.

Est-ce qu'on est incapable, en Algérie, de reproduire ce genre d'expérience ? Malgré les entreprises de déstabilisation du régime, un parti, comme le FFS, qui a de surcroit montré de belles choses par le passé, doit montrer l'exemple. Ainsi, à l'approche des élections législatives -si le conseil national opte pour la participation -, la base doit être associée amplement.

En d'autres termes, la seule stratégie qui vaille, à mon sens, est celle qui consiste à montrer que le FFS n'est préoccupé que par l'intérêt suprême de la nation, une conduite qui a guidé feu Hocine Ait Ahmed. Et c'est aussi la meilleure façon pour la direction collégiale de se montrer au-dessus de la mêlée.

Pour conclure, il va de soi que cette crise ne doit pas faire régresser le parti. Tout en veillant au respect des fondamentaux, les autres divergences ne doivent pas être, à chaque fois, une pomme de discorde. Enfin, à quelques jours du 1er anniversaire du décès de Hocine Ait Ahmed, le meilleur hommage que sa famille politique puisse lui rendre est de cesser les invectives et les querelles inutiles.

Ps : Ce texte est l'avis d'un citoyen et sympathisant du FFS. Je ne cherche ni les responsabilités ni un mandat. Dans ce texte, il n'y a aucun calcul, si ce n'est celui de voir le FFS une formation capable de rassembler les forces de changement.

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