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Pour la énième fois, le FFS tire la sonnette d'alarme.

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Dans sa dernière résolution, issue de son conseil national du 20 mai 2016, le FFS dresse un tableau peu reluisant de la situation nationale. Bien que le pouvoir tienne un discours rassurant, pour le FFS, "ces campagnes détournent l'attention de l'opinion publique des défis et des enjeux qui engagent l'avenir du pays".

Dans le même ordre d'idée, la fragilité du pays, résultant notamment de la chute des prix du pétrole, ne suscite pas malheureusement un sursaut à la hauteur de la crise, regrette encore le FFS. Pour lui, le régime laisse tout bonnement empirer la situation. Ce qui "favorise les comportements délinquants au sein des institutions et de la société".

De toute évidence, le FFS n'est pas à sa première réaction où il tire, sans fard ni acrimonie, la sonnette d'alarme. En effet, du temps où feu Hocine Ait Ahmed dirigeait le parti, il ne se passait pas une année sans qu'il proposât des initiatives en vue de sortir le pays de la crise endémique la plombant.

Hélas, à chaque fois, le régime feigne d'écouter, mais il fait tout pour retourner ce temps d'attente en sa faveur. En 2012, la participation du FFS avait un double objectif : éviter au pays un scénario à la libyenne et se présenter comme un acteur crédible en cas où le régime ne ferait pas marche arrière sur ses engagements du 15 avril 2011, lesquels sont confirmés le 8 mai 2012 à Sétif.

Pour permettre une issue honorable à la crise, où il n'y aurait ni vainqueur ni vaincu, le FFS suggère alors la tenue d'une conférence nationale de consensus. Ainsi, le pouvoir, l'opposition et les diverses représentations de la société civile dégageraient une plateforme consensuelle où les règles de bonne gouvernance seraient entérinées.

Mais, le régime a vite changé d'avis. L'instinct de pérennisation semble l'emporter sur la perspective d'une Algérie heureuse et apaisée. Pour ce faire, il suffit de saborder la conférence nationale de consensus pour que le régime maintienne le statu quo dévastateur pour le pays. Car, les autres partis, qui réclament l'application de l'article 88 -devenu l'article 102 dans la nouvelle constitution - ne sont ni sérieux ni crédibles.

Enfin, le seul bémol que l'on peut mettre sur la teneur de la déclaration du conseil national du FFS est inhérent à la suite à donner à la conférence nationale de consensus. En effet, si le pouvoir ne participe pas -car il n'a aucune volonté et n'éprouve aucun intérêt -, celle-ci ne pourra pas bénéficier du caractère consensuel.

Dans ces conditions, la solution qui amènerait la « concrétisation d'une deuxième République fondée sur l'État de droit » sera imposée -dans un cadre pacifique et maitrisé - par une alliance hétéroclite n'englobant pas le régime. D'où la nécessité de créer un nouveau concept qui correspond à la nouvelle donne.

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