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Le constat sans concession du premier secrétaire national du FFS

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Pour sa première intervention publique, le nouveau premier secrétaire national du FFS, Abdelmalek Bouchafa, remet les pendules à l'heure en clarifiant les positions du parti. En retraçant laconiquement le parcours du pays depuis l'indépendance, il décrit, sans fard ni acrimonie, les facteurs qui empêchent le pays de retrouver la stabilité.

Et pour peu que l'on ne veuille pas cacher le soleil avec un tamis, la principale raison de notre échec incombe à ceux qui ont exercé une violence sans vergogne contre le peuple algérien depuis 1962. En effet, au sortir de la longue nuit coloniale, un groupe d'officiers s'est emparé illégalement des commandes de l'État, brisant par la même occasion le rêve de millions d'Algériens.

Alors qu'en 1962 le peuple algérien, dans son ensemble, était prêt à soutenir n'importe quelle équipe gouvernementale -aucun gouvernement au monde ne peut prétendre bénéficier d'une telle solidarité où la quasi-totalité de la population serait derrière lui -, les usurpateurs du pouvoir ont pris une décision grave de sens : casser l'élan populaire.

Par conséquent, après une œuvre de destruction des repères qui ont guidé le peuple algérien à reconquérir sa liberté, aujourd'hui, estime le premier secrétaire du FFS, "nous vivions dans un pays sans projet commun, sans vision commune, sans initiatives fortes de ses gouvernants pour trouver une issue à une crise complexe depuis plusieurs décennies...".

Cela dit, bien que le régime verrouille le champ politique, il y a eu et il y a toujours des forces qui résistent. Celui qui symbolise cette résilience par excellence, c'est incontestablement feu Hocine Ait Ahmed.

Anticipant la crise avant tout le monde, le chef charismatique a préconisé, le 27 juillet 1962, à Paris, lors d'une conférence de presse, le départ de toute la direction. Pour lui, la solution résidait dans la mise en place des institutions contrôlées directement par le peuple algérien. Hélas, le visionnaire a été marginalisé dans le premier temps, emprisonné ensuite et enfin forcé à l'exil.

Cependant, au fur et à mesure que le pouvoir se renforce, la société perd sa cohésion et devient, du même coup, amorphe. Petit à petit, elle agit comme le personnage antique, Ponce Pilate, en fuyant uniment ses responsabilités. Résultat des courses : les fléaux et les vices gangrènent la société, à l'instar de la Hogra, la corruption, etc.

Et paradoxal que cela puisse paraître, les forces qui sont censées constituer le contre-pouvoir se déchirent. D'ailleurs, certaines initiatives des années 90 ou plus tard, ne font que prolonger la durée de vie du régime. Le seul parti qui se distingue par sa cohérence, c'est le FFS. Et s'il avait été écouté en 2013, quand il a proposé la tenue d'une conférence nationale de consensus national, les dirigeants actuels auraient évité à notre pays de s'enliser davantage dans la crise.

Ainsi, au lieu de saisir cette chance pour organiser un cadre politique sain, le régime refuse toute idée d'associer les Algériens à la gestion de leurs affaires. À la place, le régime propose un consensus biaisé. Bien que certains membres de la direction du FFS aient mis du temps à tirer les enseignements requis, le nouveau premier secrétaire national tranche enfin la question.

"Nous ne consentirons jamais à un consensus des dupes tel que proposé par le pouvoir et ses démembrements", dit-il. Désormais, il appartient à chaque partie de prendre ses responsabilités en honorant le serment des hommes de novembre 1954.

En somme, malgré ce constat d'échec, le FFS ne doit rien se reprocher. Car, s'il y a un échec à sortir le pays de la crise, la défaite est celle de tout le pays. Et le principal responsable, c'est indubitablement l'équipe qui dirige le pays. En revanche, l'histoire jugera sévèrement ceux qui abandonneront le combat.

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