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54 ans après l'indépendance, l'Algérie politique est à son point de départ

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Les célébrations de la fête d'indépendance nationale se suivent sans qu'aucun bilan sérieux ne se fasse réellement. Il faut dire, d'emblée, que l'équipe dirigeante -Bouteflika était ministre en 1962 et chef de l'État en 2016- n'a aucune volonté d'en débattre de ce sujet.

D'ailleurs, à qui va-t-elle rendre des comptes ? Quoi qu'il en soit, si le peuple algérien a des attentes dans ce sens, il faudra qu'il revoie sa copie. Pour étayer cette thèse, voilà ce qu'écrit Lahouari Addi, dans "l'Algérie d'hier à aujourd'hui" : "le projet du régime algérien, de 1962 à nos jours, a consisté à s'opposer à la société".

Ainsi, malgré la fin du système colonial, les rapports entre gouvernants et gouvernés ont peu évolué. Bien que cette page douloureuse soit tournée en 1962, dans le fond, une partie de la classe politique a du mal à abandonner ce système vicié.

Cela étant dit, il convient de signaler que beaucoup de valeureux militants ont combattu ce système. Quelques-uns ont même laissé leur vie. Est-ce insuffisant pour conjurer le sort. Il semblerait que ce soit le cas.

En tout cas, l'équipe qui s'accroche au pouvoir a tout fait pour que ces tentatives soient vaines. Selon Mohammed Harbi, dans une contribution au journal El Watan du 5 juillet 2012, l'emploi systématique de la force pour la gestion de la cité en est la principale cause. "Quant au style de commandement et d'autorité, c'est celui du caïd et du notable. Il n'exclut ni la réprimande publique ni la brutalité, ni la morgue et la suffisance", écrit-il.

Du coup, bien que le pays aille à vau-l'eau, la littérature du régime a fait croire aux Algériens, pendant les deux premières décennies de l'indépendance, que cette violence était nécessaire pour la poursuite de la révolution.

Mais, au bout d'une génération, ce discours ne convainc personne. Au lieu de réformer le système de fond en comble, en remettant notamment les rênes du pouvoir au peuple algérien, le régime joue avec l'avenir du pays. "Après l'autogestion et le socialisme étatiste, l'État algérien n'a rien à proposer sauf la réforme du système", écrit encore l'éminent historien.

Néanmoins, malgré une unité de façade, le régime est composé de plusieurs clans. Ces derniers ne se retrouvent sur la même longueur d'onde que lorsqu'il s'agit de museler et de bâillonner la société. Ainsi, lors de la fermeture de la parenthèse démocratique, un consensus peu ou prou général semble englober toutes les factions, lesquelles sont rejointes par une certaine classe politique éradicatrice dans l'âme.

Depuis cette date, le régime ne cesse de dévaloriser l'action politique au profit des affaires. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la conjoncture financière favorable des années 2000 permet l'élargissement de la base clientéliste.

Guettant le moment propice, ces prédateurs dévorent l'Algérie jusqu'aux os. Résultat des courses : bien que l'Algérie ait engrangé prés de 1000 milliards de dollars, les caisses sont déjà vides. En tout cas, c'est ce que dit le ministre de l'Intérieur, Nourredine Badoui, dans une conférence. La vidéo circule sur internet.

En somme, en dépit d'une gestion catastrophique des affaires, le régime ne compte pas lâcher du lest. Alors que dans tous les pays du monde, une équipe qui échoue est sanctionnée électoralement par le peuple, en Algérie, le dirigeant est inamovible. D'ailleurs, la nouvelle loi électorale va encore décourager les derniers crédules qui croient à un possible changement émanant du régime.

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