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Futur gouvernement marocain et méli-mélo émotionnel

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BENKIRANE
Youssef Boudlal / Reuters
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POLITIQUE - La formation du gouvernement Benkirane 3 qui n'en finit pas est une excellente illustration de la politique des émotions.

La colère

Lorsque certains attendent un hypothétique arbitrage royal sur ce sujet majeur qu'est la formation du nouveau gouvernement marocain, on peut imaginer la colère contenue comme émotion légitime chez notre souverain. En effet, le roi a désigné le chef du gouvernement marocain seulement deux jours après les législatives et aujourd'hui nous allons vers les trois mois sans gouvernement constitué!

La peur

En charge de cette haute mission royale, on peut imaginer la peur comme émotion prédominante chez le leader charismatique des islamistes marocains. La peur d'échouer à constituer la troisième mouture de son gouvernement après une seconde victoire aux législatives du pays doit monter crescendo au fil des jours, des semaines et même des mois! Le ton récent de Benkirane trahissant son émotion, après ses stratagèmes des premiers jours et premières semaines. Stratagèmes perdants puisqu'il n'a pas réussi à infléchir la position de son ministre de l'agriculture et nouveau patron du RNI; celle d'Akhannouch sur son refus catégorique que l'Istiqlal fasse partie de la prochaine coalition gouvernementale.

La résignation

Qu'il ait voté PJD ou pas, le citoyen marocain a l'émotion de la résignation politique inscrite dans ses gênes. La constitution du futur gouvernement Benkirane qui s'éternise conforte ce sentiment de renonciation quasi collective face aux faits de la vie politique.

L'humiliation

S'il y a une émotion que devrait ressentir la classe politique marocaine, ça serait l'humiliation, même si ce n'est certainement pas celle qu'elle ressent. L'humiliation face aux résultats globalement abattus, face aux postures archaïquement adoptées, face aux attitudes empruntées, face aux discours prononcés et face à la légèreté des responsabilités devant être assumées.

L'espoir

Emotion salvatrice parmi ce méli-mélo émotionnel qu'offre continuellement le paysage politique marocain. Emotion d'une minorité de la sphère dirigeante et de la classe politique, émotion de la majorité sinon de la totalité du peuple. L'espoir que les politiques soient un jour à la hauteur de leurs engagements, que l'action responsable se substitue à l'intéressée et qu'elle soit guidée par le service du pays et du citoyen.

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