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Les robots s'invitent à la Cité des Sciences à Tunis

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ROBOTS
Kim Kyung Hoon / Reuters
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Les robots débarquent à la Cité, tel est le titre de la nouvelle exposition qui viendra, du 8 décembre 2017 au 6 mai 2018, meubler l'espace des expositions temporaires de la Cité des sciences à Tunis. Après une série d'expositions sur des thèmes très variés, tels les nano technologies, les dinosaures, les cétacées, les manivelles et les roues dentées, en voici une autre sur la robotique. Laquelle nous permettra d'entrevoir l'avenir et le monde de demain. Un monde où les robots constitueraient la prochaine révolution après celle de l'informatique. Mais qui sont ces robots? Et quels rôles pourraient-ils jouer un jour dans nos vies?

Loin d'être des objets de curiosité ou des objets gadgets, les robots sont plutôt des automates bardés de puces et de capteurs, équipés de caméras et dotés d'une intelligence artificielle. Programmables et de plus en plus sophistiqués, ils se sont progressivement immiscés dans divers champs de l'activité humaine: industrie, agriculture, médecine, armée, etc.

Au début, deux types seulement étaient connus.

Les premiers sont industriels, à base fixe ou montés sur rails. Ils se présentent le plus souvent sous forme de bras mécanique articulé, couplé à un ordinateur. Ils existent actuellement en grande quantité à travers le monde, essentiellement dans les usines, surtout automobiles et aéronautiques. Ils remplacent les hommes sur les chaines de montage pour leur épargner routine, répétition et aliénation. Aussi, ils accomplissent des tâches telles que la peinture, la soudure, le nettoyage, l'emballage ou même la surveillance. Depuis une décennie, ils ont fait leur entrée dans les hôpitaux, plus précisément dans les blocs opératoires. Pilotés par les chirurgiens, ils assurent une meilleure précision de l'acte chirurgical et plus de chance à sa réussite.

Les seconds sont mobiles à roues. Ils sont essentiellement utilisés à des fins militaires, pour l'exploration des terrains minés avant l'envoi des soldats, mais aussi, en agriculture, pour le désherbage, la cueillette, le labourage ou la traite des vaches laitières. Ces derniers temps, ils sont de plus en plus employés à des fins domestiques telles que pour tondre le gazon, pour aspirer la poussière, pour nettoyer le sol, etc. Les astronautes, quant à eux, n'ont pas tardé à en faire appel. Ils s'en servent sous forme de sonde et d'atterrisseur lors des explorations spatiales.
Force est de souligner que les robots représentent une véritable opportunité pour réduire la pénibilité du travail aussi bien dans les foyers que dans les usines, et pour rentabiliser la production dans les entreprises tout en garantissant une véritable valeur ajoutée.

En Tunisie, la robotique existe bel et bien dans quelques unes de nos entreprises et industries et même dans nos hôpitaux. Néanmoins, elle demeure, à l'instar des pays du Sud, à très faible taux de pénétration.

Pour le commun des mortels, les robots tels que présentés ci-dessus suscitent très peu d'intérêt. Cantonnés dans des usines ou dans des espaces exclusifs, clos et fermés pour la plupart d'entre eux, ils sont perçus comme de simples outils de production, équipements médicaux ou engins domestiques. Et pour cause, le mot robot est souvent associé à la figure de l'humanoïde, ou de l'anthropomorphique. C'est à dire des robots dont la morphologie ressemble à celle de l'être humain. Et c'est ce troisième type de robots qui cristallise vraisemblablement l'intérêt des roboticiens et enflamme en même temps l'imagination du large public.

Ces robots non seulement sont bipèdes, mais aussi se veulent reproduire les mêmes aptitudes humaines. Ils sont capables de modifier leur trajectoire en marchant, de monter et de descendre des escaliers, de courir s'il le faut, de poser des objets sur la table, de reconnaître des visages, de parler, d'appeler leurs interlocuteurs par leurs noms, de voir en trois dimensions, etc. Les services qu'ils peuvent apporter sont immenses. Ils sont capables de venir en aide à des personnes malades ou handicapés, de servir de guide à une personne non voyante, d'aider les enfants à faire leur devoir, d'apporter des plateaux de repas, de relever une personne qui tombe à terre, de prévenir les secours...

Aujourd'hui, dans des pays comme le Japon, les robots sont en passe d'intégrer exponentiellement les foyers, les écoles et les hôpitaux. Avoir un robot compagnon de vie, assistant thérapeutique ou surveillant n'est plus un sujet de science fiction. Le robot est devenu bel et bien un nouveau membre de famille.

D'ailleurs, d'après les prévisions, il s'en vendra jusqu'à 8100 d'ici fin 2018 à travers le monde.

Ce qui est encore plus étonnant c'est que la sophistication de la robotique ne s'arrêtera pas là. De gros efforts sont en train d'être déployés par les roboticiens pour permettre aux robots d'entrer en interaction émotionnelle, c'est-à-dire d'adopter des comportements selon les émotions détectées dans la voix de leur interlocuteur, d'être doués d'empathie, d'entrer en interaction-cognitive, c'est à dire d'être à même de détecter, de comprendre, d'interpréter, de pouvoir apprendre par imitation et par conséquent d'améliorer par eux-mêmes leurs aptitudes.

D'incroyables prouesses verront le jour dans un avenir proche.

Somme toute, on s'attend à ce que les robots soient présents dans nos vies d'une manière constante et perpétuelle. Cela bouleversera certainement nos existences. Ce qui susciterait incontestablement des interrogations d'ordre éthique et philosophique. Comment faut-il les programmer? Que peut-on permettre ou interdire qu'ils fassent? Qu'est ce qu'il faut leur déléguer? Remplacer tous les services des hommes par ceux des robots revient-il à priver les personnes qui en bénéficient de ce qui fait le sel de l'interaction humaine, c'est-à-dire la subtilité et la complexité? Comment faire en sorte qu'ils ne nous échapperaient pas comme la créature immonde a échappé, dans le roman de Mary Shelly, à l'autorité de son créateur, Victor Frankenstein? Enfin, comment s'empêcher de poser toutes ces questions alors que l'Arabie Saoudite vient récemment d'offrir la nationalité saoudienne à Sophia, un robot humanoïde fabriqué par Hanson Robotics, constructeur de robots américain. Une première dans l'histoire de l'humanité.

En accueillant une nouvelle exposition sur la robotique après avoir abrité celle sur les manivelles et les roues dentées, c'est une nouvelle passerelle que la cité des Sciences à Tunis jette entre la technologie d'aujourd'hui et celle de demain. Et des passerelles cette institution chargée de la diffusion de la culture scientifique en a jetées depuis son ouverture entre différents domaines de la connaissance humaine. Son objectif est de permettre au large public d'acquérir une vision de la science différente de celle qu'il a reçue dans les structures traditionnelles d'apprentissage, c'est-à-dire globale et complète plutôt que réductrice, puisque éclatée en multiples micro disciplines.
Pour conclure, cette nouvelle exposition sur les robots permettra donc à tous les publics d'entrevoir le monde tel qu'il sera demain, un monde dans lequel évolueront probablement nos enfants et nos petits enfants.

Tout au long du parcours de visite, petits et grands découvriront ces impressionnants automates et les aptitudes dont ils sont capables. Ils pourront ainsi interagir avec quelques uns d'entre eux, notamment avec le robot barman, le robot constructeur, le robot photographe, etc. Une exposition fort intéressante qui vaut le détour et qui vous fera oublier, le temps de sa visite, la sinistrose qui s'empare de notre pays par les temps qui courent. Un rendez-vous à ne pas manquer.

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