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Tomber à l'école

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Il y a une vingtaine d'années, que je me rendais au bureau le matin, une bonne femme et son fils, un gamin d'une dizaine d'années, m'attendaient debout devant la porte d'entrée. C'était la voisine.

Une femme mariée qui habitait, avec son mari et ses enfants, l'appartement au-dessus de l'agence.

Elle paraissait inquiète. Gênée, confuse quasiment, elle s'était d'abord excusée de m'apprendre que son fils se plaignait de son bras et qu'elle n'était pas en mesure de joindre son mari absent.

Le matin même, à l'école, son fils est tombé et le directeur lui avait demandé de rentrer à la maison. Manifestement souffrant, pâle, le pauvre bambin manifestait beaucoup de courage malgré son bras douloureux qu'il tenait de son autre main.

J'ai dit à la femme de se préparer rapidement pour accompagner son fils à l'hôpital et que je les accompagnais tous les deux en voiture. Finalement, son gamin souffrait d'une fracture au bras et on a dû le plâtrer aux urgences

Le désarroi de cette maman devant la douleur de son fils causé par des irresponsables placés à la tête des établissements scolaires m'avait tant peiné. C'était caractéristique d'un refus d'apporter assistance à personne en détresse.

L'infortune de ce gamin m'avait fait revenir trente ans en arrière, au souvenir du garçon que j'étais en classe de CP dans une école privée qui emménagea dans les locaux d'un bâtiment d'habitation à Kouba. L'école Saint-Augustin qui se trouvait en face de l'ancien monoprix.

Comme ce gamin, en jouant dans la cour de récréation, j'ai chuté. Une mauvaise chute qui m'ouvrit l'arcade sourcilière. J'en garde d'ailleurs à ce jour la cicatrice sous mon sourcil.

Jacqueline, une institutrice, m'embarqua, à moitié sonné, urgemment dans la 403 beige du directeur qui prit la direction l'hôpital Mustapha. Dans la voiture, l'institutrice me tenait allongé contre elle et j'étais étonné presque de voir tout près de moi la sévère tête du directeur et sa grosse main qui actionnait le levier de vitesse articulé au volant de la Peugeot de l'époque.

De retour en classe j'avais l'œil totalement tuméfié et couvert d'une épaisse compresse fixée par un ruban adhésif qui me couvrait une partie du visage. A la sortie des classes jacqueline me fit patienter pour m'accompagner chez moi. Sur le chemin on croisa mon grand-père qui s'était dépêché à l'école inquiété par mon retard.

Jacqueline prit le temps de lui raconter ma petite mésaventure. A trente ans d'intervalle, deux gosses sont tombés à l'école. Une école qui, malheureusement, n'a pas évolué positivement et pas seulement sur le niveau scolaire.

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