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JO 1972, Munich: la politique et les poings de Loucif Hamani

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loucif hamani

En République fédérale d'Allemagne (RFA), à Munich, en 1972 les jeux olympiques allaient connaître un essor planétaire grâce à la télévision. Deux ans auparavant le football avait atteint les cimes sur les hauts plateaux mexicains et la télévision en fit un phénomène mondial.

La démonstration de puissance de l'Allemagne de l'ouest et de l'Occident avait choisi pour scène le magnifique stade olympique de Munich œuvre de l'architecte allemand Frei Otto. Il couvrit son stade d'une toile en verre rétractable qui fera sa renommée.

stade olympique munich

La précision de l'électronique qui mesure les performances des athlètes au centième de seconde donna aux épreuves sportives un niveau de compétition insoupçonné. Sur fond de glaciation l'affrontement est-ouest atteignait son paroxysme durant ces jeux.

Le sport n'est pas ménagé en ce qu'il devint véhicule symbolique de puissance. Les jeux devenaient de plus en plus mondialisés avec l'arrivée des Etats nouvellement indépendants. Nous sommes juste après la période des décolonisations ce qui gratifia les jeux de nouvelles palettes de couleurs qui donnèrent une nouvelle jeunesse à la compétition qui se limitait, jusque-là, à voir les puissantes nations, durant soixante- dix ans, s'affronter presque en vase clos.

En athlétisme le continent africain va, à l'occasion de ces jeux, s'imposer comme une puissance incontestable sur les courses de fond et le demi-fond. Déjà en 1960 à Rome un certain Abébé Bikila, le coureur aux pieds nus va faire parler des hauts-plateaux de l'Ethiopie en arrachant le marathon. Il récidiva quatre ans après en 1964 à Tokyo chaussé par Adidas cette fois-ci.

Le Tunisien Gamoudi, le Kenyan Keino, l'ougandais Aki Bua se sont imposés à Mexico et ils étaient là aussi à Munich sur le podium. Un pur bonheur.

L'Algérie participait à ces jeux avec de sérieuses chances de médaille en Boxe. Représentée par un merveilleux pugiliste : Loucif Hamani qui boxait en super welters. En quarts de finale, il affrontait l'anglais Minter.

Le britannique sortit vainqueur de ce combat qui fit couler beaucoup d'encre. La décision des arbitres paraissait fort contestable, l'Algérien a fourni un grand combat devant celui qui allait devenir quelques années plus tard champion du monde.

Les arbitres décidèrent ainsi de la défaite de Loucif Hamani dans un climat de tension extrême. Deux jours auparavant un commando palestinien de l'OLP s'infiltra dans la cité olympique et prit en otage des athlètes israéliens : il y a eu des morts. La presse algérienne considéra la décision des arbitres motivée par des considérations politiques.

Pour gagner ce match le jeune espoir algérien d'Igoufaf devait absolument mettre le britannique KO. Ce qu'il ne put faire malheureusement. Les poings de Hamani n'ont pas suffi car le sport était aussi de la politique. Les "petits" l'apprendront à leurs dépens. Souvent.

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