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Un peu de tenue, mon général !

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Généraux, moudjahidine, anciens hauts responsables, ont une fâcheuse tenace à se laisser entraîner dans des batailles absurdes. Un peu de tenue, messieurs !

Génaral Mediène, vous avez dirigé les services spéciaux algériens pendant un quart de siècle; vous avez incarné le pouvoir; vous l'avez exercé; vous étiez, à tort ou raison, crédité du droit de vie et de mort sur les Algériens ; vous avez, par votre action, prétendu sauver l'Algérie, vous avez fait la fortune des uns et ruiné les autres. Vous avez fait de votre silence un symbole fort de la gestion de votre image et de votre puissance.

Quand vous avez quitté vos fonctions, on pensait que votre parole serait rare, et en or. On attendait que vous produisiez des analyses de haute tenue sur la sécurité du pays, sur les menaces potentielles qui pèsent sur l'Algérie et sur son environnement géostratégique. Votre carrière, votre formation, votre profil, votre statut de moudjahid, tout plaidait en ce sens.

Mais vous avez tout gâché. Vous avez rompu votre silence à deux reprises, pour dire des banalités effrayantes. Une fois pour défendre un membre de votre premier cercle et une seconde fois dans le cadre d'une polémique indigne, après des propos tout aussi indignes de l'ancien Premier ministre Abdelhamid Brahimi.

Réveillez-vous, général. Un peu de tenue. Vous avez été général de corps d'armée de l'armée algérienne. Vous avez été élevé au plus haut grade de l'armée algérienne, et vous avez obtenu la plus haute décoration de l'Algérie. On attend d'un officier général qui atteint ces fonctions et ces honneurs qu'il reste droit dans ses bottes, qu'il reçoive les balles sans broncher et qu'il ne se rende même pas compte qu'on parle dans son dos, pour le dénigrer. Ce genre de détail ne doit pas avoir de prise sur lui.

Civils et militaires

Un peu de tenue, M. Abdelhamid Brahimi ! Vous avez été officier de l'ALN et Premier ministre de l'Algérie indépendante. Vous êtes économiste, vous avez fait des études poussées et enseigné dans de grandes universités. Vous vous présentez comme un adepte de l'éthique dans la gestion des affaires du pays. Vous avez été exilé pendant un quart de siècle à cause de vos convictions.

A votre retour, on attendait de vous des analyses sur la morale en économie, sur l'éthique politique, sur les institutions et les mécanismes à mettre en place pour assurer une bonne gouvernance, peut-être un discours novateur ou un plaidoyer en faveur de l'économie islamique. Mais vous avez, vous aussi, choisi, pour votre première déclaration publique, de descendre très bas, pour abaisser tenter d'abaisser un homme supposé vous avoir fait du mal.

Réveillez-vous, M. Abdelhamid Brahimi. L'Algérie mérite mieux que ça. Elle attend de ses hommes politiques, anciens ou actuels, une attitude à la hauteur des fonctions qu'ils ont assumées.

Le général-major Kamel Abderrahmane a, lui aussi, été entraîné dans une dérive similaire. Ancien patron de la fameuse DCSA, la Direction Centrale de la Sécurité de l'Armée, ancien chef de région militaire, gravement blessé en 1988 déjà, il a été trainé dans la boue par une presse aux ordres, dans le cadre d'une cabale visant à le détruire. Aujourd'hui à la retraite, il a décidé de parler parce qu'il se sent de nouveau visé.

Patron de la DCSA, le pays attendait de lui, après une carrière de près d'un demi-siècle, qu'il livre des réflexions sur la manière dont le pays pourrait améliorer sa sécurité dans les années et les décennies à venir, sur la nature des menaces qu'il a eu à affronter et celles qu'il entrevoit.

Engrenage fatal

Mais lui aussi, il a été tiré vers le bas, par des histoires de délation et des propos indignes. Il est alors entré dans un engrenage destructeur, où on parle de diffamation, de trafic de drogue, de tribunaux et de faux témoignages. Et qui parlera de batailles, de champs de bataille, de stratégie, de tactique militaire?

Avant lui, d'autres généraux-majors avaient avait été mis en cause dans un cadre professionnel. Le général Hassan, d'abord, le général Mejdoub ensuite. Celui-ci a été démis de ses fonctions. Sa famille était alors montée en première ligne pour dénoncer une cabale, vraie ou fausse.

Non, général Mejdoub ! Ce n'est pas ainsi qu'un officier général de l'armée algérienne réagit. Il doit rester debout, droit dans ses bottes. Il doit subir les coups sans broncher. En période de tempête, il doit être en première ligne pour recevoir les balles en pleine poitrine et protéger son pays, son armée, son unité, sa famille.

Faut-il encore parler de ce qui est supposé opposer Yacef Saadi et Zohra Drif, Amar Benaouda et Khaled Nezzar, et tant d'autres encore ?

Que vous soyez civils ou militaires, en poste ou à la retraite, appartenant à la première ou à la troisième génération, secouez-vous. Relevez la tête. Mettez-vous au garde à vous si vous êtes militaire. Faites un dernier effort pour léguer aux Algériens un modèle de fierté, de dignité, d'orgueil ! Les querelles Nezzar-Betchine, emportez les avec vous dans vos tombes.

Laissez aux Algériens des modèles dont ils peuvent être fiers. L'Algérie vous a honorés en vous confiant de hautes responsabilités. Elle vous a donné de la grandeur. Que vous méritiez ces responsabilités ou non, préservez cette grandeur. Faites un dernier geste pour l'Algérie : regardez vers le haut, ne vous laissez pas tirer vers le bas.

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