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En Ethiopie, le Maroc traduit en actes concrets sa vision de la coopération Sud-Sud

Publication: Mis à jour:
MOHAMMED VI ETHIOPIE
MAP
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INTERNATIONAL - La visite du roi Mohammed VI en Ethiopie marquera, au-delà du discours, une étape majeure de la traduction concrète de la vision marocaine du développement Sud-Sud.

Co-émergence en s'inscrivant dans les plans de développement économique des pays, production de valeur ajoutée locale en transformant sur place les richesses naturelles, transfert de technologie en partageant les savoir-faire disponibles, création d'emplois locaux, sont les vecteurs d'une coopération déclinée dans le discours d'Abidjan de février 2014 et confirmée dans les différents discours royaux qui s'en sont suivis.

Les projets annoncés en Ethiopie, non seulement viennent confirmer par des actes cette vision, mais encore viennent battre en brèche les théories des détracteurs qui pensaient que le Maroc ne pouvait s'exprimer économiquement en dehors de sa zone considérée de "confort" de l'Afrique de l'Ouest.

Près de 3 milliards de dollars d'investissements industriels annoncés lors d'une première visite d'Etat en Ethiopie, pays d'Afrique de l'Ouest, champion de la croissance: qui dit mieux?

Des investissements dans des secteurs majeurs de l'économie éthiopienne, prioritaires dans le plan de développement: industrie, agriculture, agro-industrie en particulier. Une unité de production d'huiles essentielles à partir de la rose locale, une biscuiterie et surtout, une plateforme industrielle de production de phosphate à 2,5 milliards de dollars et qui sera le premier investissement de l'OCP en volume après Jorf Lasfar.

Cette dernière unité peut à elle seule résumer le modèle de coopération Sud-sud que nous souhaitons mettre en œuvre avec les autres pays africains.

D'abord elle part de la mise en commun de ressources naturelles marocaines et éthiopiennes: le Maroc met à disposition son phosphate, l'Ethiopie apporte son gaz et sa potasse. Le projet va naturellement constituer un modèle de valorisation des ressources naturelles des deux pays.

Ensuite, l'investissement va permettre de doter l'Ethiopie d'une unité industrielle de production d'engrais de premier plan au niveau mondial. Ainsi, au lieu de vendre du gaz naturel liquéfié (GNL) avec très peu de transformation locale, le pays bénéficie non seulement d'une industrie locale mais surtout va créer de la valeur ajoutée à partir de ses ressources.

Troisième point très important, l'Ethiopie qui en 2016 importe 100% de ses engrais sera en 2025, avec ce projet, non seulement autosuffisant mais exportateur. Economie de devises, disponibilité d'engrais à bas prix pour l'agriculture et production pour le marché régional sont donc quelques autres éléments bénéfiques du projet.

Que serait ce type de projet sans création d'emploi? 500 emplois directs d'encadrement, 1.500 emplois pendant la période de construction et au moins 12.000 emplois indirects vont être générés par le complexe industriel.

Ces projets de l'étape éthiopienne traduisent à eux seuls, le modèle de coopération Sud-Sud que le Maroc prône sur le continent et que son premier ambassadeur, le roi Mohammed VI promeut en sillonnant les pays africains et surtout inculque aux entreprises qui l'accompagnent.

Le Maroc démontre encore une fois l'importance stratégique qu'il donne à ses relations avec les autres pays africains et la manière avec laquelle il veut jouer un rôle moteur dans le développement du continent. Dès lors que "les Africains font confiance à leurs frères africains", l'expression coopération gagnant-gagnant peut avoir tout son sens.

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