"La Tunisie pourrait donner des leçons à quelques démocraties européennes" affirment deux députés européens

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TUNISIA
Philippe Lissac via Getty Images
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Il est temps de soutenir la Tunisie dans ses efforts en faveur de la démocratie et des libertés, proclament la députée européenne Frédérique Ries (membre de l'ADLE, en Belgique) et l'eurodéputé Fulvio Martusciello (membre du PPE, Italie) dans une tribune publiée jeudi sur le site Euractiv.

Malgré les difficultés et les obstacles, la Tunisie demeure un modèle de réussite exemplaire d’une démocratie naissante, rappellent les auteurs.

En effet, même si la Tunisie, berceau du printemps arabe, connaît actuellement des troubles dus au mécontentement et au désespoir de certains, elle représente un espoir, “une chance de prospérer”. “Le pays a convaincu les sceptiques en construisant une démocratie stable et dynamique en Afrique du Nord - qui pourrait sans doute donner des leçons à quelques démocraties européennes - et assurer sa stabilité" expliquent-ils.

À leurs yeux, le pays est “la preuve que la démocratie peut prospérer dans un pays arabe et musulman sans mettre en danger la laïcité, les droits des femmes ou les droits des minorités”. Ils soulignent, d’ailleurs, en se référant au rapport Freedom House de 2018, que la Tunisie est “le seul pays nord-africain considéré comme ‘libre’.

Avec l’organisation des élections législatives et présidentielle libres et transparentes, le pays fait preuve d’une maturité politique appréciée: “Son pouvoir législatif est assuré par une assemblée multipartite, dans laquelle aucun groupe politique n'a la majorité, et sa presse est tout aussi pluraliste et libre".

“Ce n'est pas un mince exploit” martèlent-ils en arguant que “le modèle laïque de la Tunisie est précieux notamment dans une époque où d'autres pays autrefois laïques dans le monde musulman - comme la Turquie - rechutent dans l'islamisme”.

De plus, le pays oeuvre à soutenir la cause féministe et à préserver les droits des femmes à l’instar des pays européens. “La cause féministe est forte en Tunisie, et le pays a le pourcentage le plus élevé de femmes parlementaires dans le monde arabe” notent-ils.

Et de poursuivre que “la Tunisie est aussi un bastion de stabilité en Afrique du Nord aux côtés du Maroc”. Elle est “devenue un partenaire clé dans la lutte contre le terrorisme, dans la coopération stratégique avec l'UE, l'OTAN et les États-Unis et dans le contrôle des flux migratoires vers l'Europe”.

Sans oublier, les efforts importants menés par le pays pour booster sa croissance, limiter son taux de chômage et réduire la masse salariale du secteur public: “Ces réformes ne se feront pas du jour au lendemain - d'où l'impatience manifestée lors des récentes manifestations. Beaucoup soulignent la croissance limitée, l'inflation actuelle et la lenteur des réformes en tant que signe d'instabilité. Bien sûr, les jeunes sont impatients de récolter les fruits d'une révolution qu'ils ont largement menée” déclarent les auteurs.

“C'est pourquoi nous devons soutenir les efforts continus du gouvernement tunisien sous Béji Caïd Essebsi et Youssef Chahed - des leaders laïques, modérés et démocratiques qui montrent au monde que la Tunisie peut être un modèle pour la démocratie moderne dans le monde arabe et musulman” notent-ils.

Pour Ries et Martusciello, “la Tunisie peut, doit et doit être l'un de nos alliés les plus forts dans la région”. “Nous devons soutenir la Tunisie - parce que cela signifie soutenir l'idée qu'un pays nord-africain, arabe et musulman peut être un champion de la démocratie, des droits des femmes et de la laïcité dans une région qui en a cruellement besoin” concluent-ils.

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