"Le nombre de médecins quittant le pays double d'une année à une autre", s'alarme le président du Conseil de l'Ordre de médecins

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HOSPITAL TUNISIA
FETHI BELAID via Getty Images
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Le président du Conseil de l’Ordre de médecins, Mounir Makni, a dévoilé, dans une interview accordée à Leaders El Arabiya, que le phénomène de migration de médecins est de plus en plus inquiétant.

En se référant au nombre de certificats délivrés par le Conseil de l’Ordre de médecins aux médecins expatriés, documents sans lesquels ils ne pourront pas exercer dans les pays d’accueil, Dr Makni a dévoilé que près de la moitié des nouveaux inscrits à l’Ordre en 2017 ont quitté la Tunisie. Il a précisé que sur 1000 nouvelles inscriptions, 485 certificats ont été accordés.

“En 2013, le nombre de certificats délivrés ne dépassait pas la soixantaine” a t-il souligné dans une interview à Radio Diwan Fm. Il a indiqué qu’en 2013, le taux de médecins expatriés ne représentait que 6% des nouvelles inscriptions.

“Le rythme double d’une année à une autre” s'est-il alarmé en ajoutant qu“en faisant une projection sur les années à venir, on aurait 630 expatriés en 2018, 900 en 2019 et plus de 2800 en 2022”.

Un constat effrayant qui reflète, selon Dr Makni, le profond malaise des jeunes médecins qui préfèrent quitter le pays à la recherche de nouvelles opportunités.

Mais ce ne sont pas que les jeunes médecins qui sont en train de partir, a regretté Nezih Zghal, secrétaire général de l’Ordre national des médecins. “Il y a aussi des moins jeunes, des médecins expérimentés …” a-t-il signalé.

En effet, face à l’incapacité de l’État à “valoriser” ses médecins, ces derniers trouvent dans certains pays européens ou du Golfe de nouvelles perspectives offrant à la fois une valorisation plus onéreuse et une carrière plus prometteuse.

Selon lui, c’est surtout le manque de moyens des hôpitaux qui pousse les jeunes médecins à partir à l’étranger. “Il est difficile de demander aux jeunes médecins de rester dans les hôpitaux lorsque ces derniers n’offrent plus rien aussi bien pour les médecins que pour les patients” a-t-il expliqué.

Depuis plusieurs jours, les jeunes médecins mènent des mouvements de protestation pour réclamer certains droits tels que la publication du projet de loi de réforme des études médicales et le maintien du certificat national de docteur en médecine, séparément du diplôme spécialisé.

Par ailleurs, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins a lancé, le 7 février, le #mouvement_76 et a annoncé le mois de février comme étant "un mois de colère". Ces manifestations interviennent pour dénoncer principalement la négligence du ministère de la Santé de leurs revendications et appeler à la mise en œuvre de l’accord de février 2017.

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