Liste noire: La commissaire européenne Vĕra Jourová salue "les progrès significatifs" de la Tunisie

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VERA JOUROVA
Francois Lenoir / Reuters
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Mme Vĕra Jourová, Commissaire en charge de la Justice, des consommateurs et de l'égalité des genres, au sein de la Commission européenne depuis 2014, s'est exprimée mercredi suite à la publication du règlement délégué C(2017) 8320 .

Ce dernier stipulant l'inscription du Sri Lanka, de Trinité-et-Tobago et de la Tunisie sur la liste noire des pays tiers à haut risque de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme présentant des carences stratégiques qui font peser une menace significative sur le système financier de l’Union.

"La Tunisie est un partenaire très proche de l’Union européenne. Son inclusion dans la liste des pays exposés au risque de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme ne remet aucunement en question l'engagement au plus haut niveau de l'Union européenne pour le partenariat privilégié UE-Tunisie", a d'abord tenu à rassurer Vĕra Jourová.

"La lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme est une priorité partagée par l’Union européenne et la Tunisie. Le Groupe d'Action Financière (GAFI) a identifié des carences stratégiques de la part de la Tunisie dans ce domaine.", a-t-elle poursuivi.

La Tunisie s'est ainsi engagée par écrit à remédier aux carences constatées et a déjà élaboré un plan d’action avec le GAFI.

"Notre objectif commun est que la Tunisie remplisse rapidement ses engagements au titre du plan d'action agréé avec le GAFI, et sorte de la liste du GAFI, ainsi que de la liste de l'Union européenne, aussi vite que possible". Le règlement précise, en effet, que sa mise en œuvre fera l’objet d’un suivi attentif et qu'il s'agira de tenir compte "du niveau de détermination" affiché par les pays concernés.

"Des progrès significatifs ont d’ailleurs déjà été accomplis par la Tunisie au cours des dernières semaines, et nous nous engageons à renforcer notre appui aux efforts de notre partenaire tunisien", conclu la commissaire européenne.

La Tunisie avait déploré, le 7 février 2018 la décision de la Commission de l’Union Européenne de l’ajouter sur la liste des pays tiers à haut risque de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme.

"Cette décision est injuste, hâtive et unilatérale", a estimé la Tunisie dans un communiqué rendu public par le ministère des Affaires étrangères.

La démarche entreprise par la Commission européenne pour la prise de cette décision était « injuste et précipitée », a regretté la Tunisie.

La Tunisie et deux autres pays en l’occurrence le Sri Lanka et Trinité-et-Tobago ont été ajoutés sur la liste noire des Etats susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, selon un communiqué publié, le 7 février 2018, sur le site du Parlement Européen.

Malgré une vive opposition, la Tunisie a été ajoutée à cette liste noire. Le vote a reflété la division du Parlement européen sur cette question avec 357 voix en faveur de la motion de rejet de la nouvelle liste, à 283 voix contre, et 26 abstentions, d’après le même communiqué.

Les députés qui ont déposé la motion ont concentré leur opposition sur l'inclusion de la Tunisie. Ils avaient estimé que l'ajout de la Tunisie n'est pas mérité dans la mesure où elle représente une démocratie naissante qui a besoin de soutien.

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