À Casablanca, Yasmine Hatimi capture les "nouveaux romantiques" (PHOTOS)

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À Casablanca, Yasmine Hatimi capture les "nouveaux romantiques" (PHOTOS) | Yasmine Hatimi
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PHOTOGRAPHIE - Offrir des fleurs, un geste romantique qui peut paraître un brin désuet aux yeux de la génération Y. Mais c'est le symbole utilisé par la photographe Yasmine Hatimi pour parler de la jeunesse marocaine dans sa série sobrement baptisée "Les nouveaux romantiques", qui sera exposée dès le mois d'avril et pendant un an à l'Alliance française de Safi.

La photographe de 31 ans, originaire de Casablanca, a tiré le portrait d'une quinzaine de jeunes hommes de la capitale économique, âgés entre 17 et 23 ans. Dans cette série de photographies colorées, les jeunes hommes n'ont pas vraiment le look attendu du "gentleman" romantique. Pas de costume trois pièces, mais plutôt des survêtements de sport, t-shirts griffés, pulls bariolés et crêtes décolorées, qui viennent trancher avec la douceur des fleurs qu'ils tiennent chacun dans leurs mains.

"Je voulais parler de la jeunesse, plus précisément de la jeunesse marocaine. Le Maroc de demain dépendra de la jeunesse d'aujourd'hui", explique la photographe dans une note accompagnant son projet artistique. "Dans cette série de photographies, je fais des portraits de jeunes hommes à qui je demande de choisir les fleurs et donc, d'une manière tout à fait symbolique, j'essaie d'aborder plusieurs sujets afin d'amener de la sensibilité et du romantisme là où l'on pourrait penser qu'il n'y en a pas", continue-t-elle.

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"En faisant ces portraits, j'ai rencontré une certaine jeunesse, une jeunesse qui aspire à la liberté et l'amour, qui a beaucoup d'humour, un sens du style unique, de la solidarité, mais j'ai aussi découvert une jeunesse en détresse, laissée de côté, qui vit dans la pauvreté, intellectuellement fragile", souligne Yasmine Hatimi. Des jeunes que "nous devons regarder, affronter et surtout écouter".

Faire poser des jeunes hommes avec des fleurs, et surtout les faire choisir leur bouquet, était aussi une manière, pour la photographe, "de parler des stéréotypes dans lesquels nous sommes enfermés en tant que femmes ou hommes, dans certaines sociétés plus que d'autres", explique-t-elle.

"Avec mon projet, j'essaie de créer, d'une certaine manière, un portrait sociétal qui me permet de parler de plusieurs sujets en même temps: stéréotypes, jeunesse, amour, pauvreté, éducation" liste Yasmine Hatimi, qui ajoute qu'elle ne pouvait pas non plus "fermer les yeux" sur sa propre expérience lors du shooting.

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"Ces jeunes hommes étaient presque intimidés par ma présence, le fait que je sois une femme seule face à eux", raconte-t-elle au HuffPost Maroc. "Les réactions étaient variées. Certains n'osaient pas choisir de fleurs, d'autres le faisaient plus volontiers. Beaucoup riaient pendant le shooting", nous confie encore la photographe, qui voulait ainsi "capturer leurs réactions sur le vif".

Plus qu'un projet artistique, le shooting photo a également permis à Yasmine Hatimi de se trouver sur un pied d'égalité avec les sujets de ses photos. "Les séances se sont déroulées dans un profond respect mutuel, nous étions enfin égaux... Moi en tant que femme et eux en tant qu'hommes".

Les photos de Yasmine Hatimi seront exposées, en plus de Safi, à la Casa Árabe de Madrid au mois de juin.

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