À la rencontre du public du Salon International de l'Édition et du Livre de Casablanca

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Ibtissam Ouazzani/HuffPost Maroc
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SALON - Le temple de la lecture au Maroc est de retour depuis quelques jours à Casablanca. Depuis le 9 février, des milliers de bibliophiles se rendent à la 24e édition du Salon International de l’Edition et du Livre (SIEL), qui se poursuit jusqu'au 18 février.

Arrivés sur place, les visiteurs peuvent agréablement emprunter les allées du salon le matin, tandis qu'il devient facile de s'y perdre, l'après-midi, au milieu de la foule.

"J'aime bien quand il n'y a pas beaucoup de monde, c'est bien aéré, je peux me balader sereinement, sans être bousculée", confie au HuffPost Maroc une lectrice française venue découvrir le salon pour la première fois.

Ali, un habitué de l'événement, est venu pour sa part découvrir les nouveautés de cette rentrée littéraire. "Je lis beaucoup donc je prends tout ce qui pourrait m'intéresser, quelle que soit son origine", déclare-t-il, alors qu'il engageait la conversation avec un responsable des éditions Marsam. "C'est facile d'interagir avec les éditeurs venus des quatre coins du monde et les auteurs", ajoute-t-il.

Sarah, une traductrice belge résidente à Casablanca, rencontrée près d'un stand de livres en arabe, est venue à la recherche de livres d'occasion. "Il y a des livres qui sont difficiles à trouver en libraire et que je trouve des fois par hasard au salon", indique Sarah, qui se désole par ailleurs du fait que les livres en français sont "beaucoup plus chers" que ceux en arabe.

Si quelques visiteurs veulent flâner au milieu des livres, d'autres visiteurs sont venus à cette foire dans un but bien précis. "Je cherchais depuis tout à l'heure un livre d'anatomie et là, je l'ai enfin trouvé", confie au HuffPost Maroc, sourire aux lèvres, un jeune étudiant de la faculté de médecine de Casablanca.

Un enseignant d'histoire, rencontré au stand de Dar America, cherche quant à lui un livre d'apprentissage linguistique pour son fils. "Je veux qu'il apprenne l'anglais. On est au 21e siècle tout le monde parle anglais!", déclare-t-il.

Au pays du Nil

Pendant les dix jours que dure l'événement, les visiteurs peuvent découvrir plus de 700 exposants originaires de 45 pays différents, notamment l'Espagne, la France, l'Allemagne, l'Iraq, la Syrie, la Tunisie, ou encore l'Arabie Saoudite. Mais l'Égypte reste le pays étranger le plus représenté cette année, puisqu'il est l'invité d'honneur du salon, avec un total de 109 exposants.

"L'aile du salon réservé à l'Égypte connait un franc succès et de nombreux Marocains viennent aux stands pour acheter des livres égyptiens", déclare fièrement au HuffPost Maroc, Adham Mahmoud, responsable du stand de l'Organisation générale égyptienne du Livre, rappelant que le Maroc a lui aussi été invité d'honneur, en 2017, du Salon international du livre du Caire.

Le pays du Nil et des pyramides est représenté non seulement par ses éditeurs, mais aussi par différentes pauses artistiques et musicales prévues tout au long du salon, tel qu'un concert de Oud ou encore un spectacle de groupe de danseurs traditionnels aux jupes colorées, "Al-Tanoura".

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Les visiteurs peuvent également aller à la rencontre de leurs auteurs favoris lors des signatures organisées aux stands des éditeurs marocains et participer à de nombreuses discussions qu'ils animent dans les salles des conférences du salon. De grands noms de la littérature ont déjà pu présenté leurs derniers livres comme, Abdelfattah Kilito, Asma Lamrabet ou encore Mahi Binebine.

"J'ai déjà présenté mon livre dans plusieurs villes, mais il est indéniable que le salon reste le grand rendez-vous entre les auteurs et les lecteurs qui nous confrontent parfois au contenu de nos livres", affirme Sanaa El Aji qui présente "Sexualité et célibat au Maroc", son étude sociologique parue en septembre 2017 aux éditions La Croisée des Chemins.

La fête des éditeurs

Le SIEL est aussi une véritable fête pour les éditeurs marocains qui renouvellent chaque année leur participation et viennent vendre leurs derniers titres aux avides lecteurs.

"Nous sommes pour la 24e fois présents sur ce salon à la même place, dans notre stand de 120 mètres carrés", déclare fièrement, Abdelkader Retnani, directeur de la maison d'édition La Croisée des Chemins, qui présente cette année 52 nouveautés dans les domaines de l'architecture, du patrimoine, de la cuisine, mais aussi des romans et des biographies.

"Avec le soutien financier du ministère de la Culture, l'édition marocaine a fait un bond en avant depuis la première édition du salon en 1987", fait remarquer Retnani.

Si le Maroc a publié en 2017 près de 3.000 titres, l'édition marocaine a encore un long chemin à parcourir. "Il faut professionnaliser le secteur et harmoniser la production pour que nous soyons acceptés dans d'autres pays, qui ne cherchent pas que la qualité de l'écrit mais aussi la qualité de l'ouvrage", souligne le président de l'Union des éditeurs marocains.

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