L'opposant algérien Rachid Nekkaz expulsé de Tunisie (VIDÉOS)

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RACHID NEKKAZ
Facebook/Rachid Nekkaz
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L’opposant et activiste algérien Rachid Nekkaz est visiblement persona non grata en Tunisie. Arrivé le jeudi 8 février sur le sol tunisien pour entamer une marche vers Annaba, il a été refoulé de l’aéroport Tunis Carthage. Selon une vidéo publiée sur sa page Facebook, Nekkaz aurait été menotté par des policiers tunisiens et expulsé le lendemain vers la France.

“Je suis venu en Tunisie en tant que frère” a-t-il martelé dans une autre vidéo dans laquelle il filme ses échanges avec un policier tunisien, chargé de lui expliquer son expulsion. “N'avez-vous pas honte de m'avoir laissé comme un chien dans cet aéroport? Moi, Algérien, je suis traité comme un chien! Je suis une personne indésirable” a-t-il poursuivi. “Nous sommes en train d’appliquer la loi” lui a répondu le policier.

D’après Nakkez, les autorités tunisiennes auraient agi sur fonds d’instructions. Il a précisé que le gouvernement algérien aurait fait pression sur la Tunisie pour “l’empêcher de faire une marche de 300 kms à pieds entre Tunis et Annaba pour la promotion du Grand Maghreb”.

“La Tunisie m’a expulsé sans aucune explication. C’est illégal” a-t-il souligné en manifestant son intention de porter plainte contre la compagnie aérienne Tunisair. Il a indiqué que malgré la solidarité et le soutien des Algériens envers la Tunisie, “les Tunisiens étaient très fiers de lui avoir interdit l’accès au territoire tunisien”. “Ils ont décidé de m’expulser et de me mettre les menottes, sans aucune raison claire”, a-t-il expliqué.

Selon le site “Al Arabi 21”, l’expulsion de Nakkez est une décision souveraine de l’État tunisien. “Dans ce cas, la Tunisie n’est pas obligée de fournir des explications pour son agissement, précise une source proche de la présidence de la République à “Al Arabi 21” en ajoutant que “de telles procédures sont appliqués partout dans le monde notamment dans les aéroports européens et américains".

Fondateur et président du Mouvement pour la Jeunesse et le Changement (MJC) non agréé en Algérie, Rachid Nekkaz est connu pour sa défense des femmes portant le Niqab en France. Il s’est présenté également candidat à la candidature à la présidentielle de 2014 en Algérie.

Le précédent Moulay Hicham

L’expulsion de Nakkez n’est pas un cas isolé. C’est le même scénario qui s’est répété face au prince marocain Moulay Hicham, cousin du roi Mohammed VI et opposant au monarque. Venu en septembre pour assister à une conférence à Tunis, il s’est vu expulser du territoire tunisien, et ce sans aucune raison explicite. D’après lui, il s’agit d'une décision souveraine de l’État tunisien, dictée par le Maroc.

Plusieurs associations et organisations s'étaient alors mobilisées pour dénoncer cette "mesure arbitraire contre les droits de l'Homme et les libertés académiques."

Ces dernières ont estimé que cette expulsion était "une nouvelle violation de la part du gouvernement tunisien des droits et des libertés garantis par la constitution tunisienne et particulièrement son article 31 et constitue également une infraction aux traités et engagements internationaux en la matière".

Elles ont également mis en garde contre le "danger représenté par l’absolutisme pour l’avenir de la région arabe" et ont dévoilé leur crainte quant au fait que cette expulsion "provienne de la volonté du gouvernement tunisien de complaire à certaines monarchies telles que le Maroc”.

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