"Il y a une réelle islamisation du pays" clame Faouzia Charfi sur TV5 Monde (VIDÉO)

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Invitée de l'émission "Internationales" sur TV5 Monde, la physicienne et intellectuelle tunisienne Faouzia Charfi a livré son analyse sur l'état des lieux de l'évolution politique, économique, mais surtout sociétale du pays.

L'auteur de "La Science voilée" ou encore "Sacrées questions... pour un islam d'aujourd'hui", est revenue sur la place de l'islam chez les Tunisiens. Pour Charfi, la société tunisienne "est globalement conservatrice" et "est sous l'emprise du conformisme".

Ce conservatisme n'a toutefois pas empêché quelques avancées, note-elle, en parlant des débats ouverts entre tous les Tunisiens, religieux rigoriste comme moderniste sur des questions de société comme l'héritage, etc.

L'intellectuelle loue la vitalité de la société civile, qui grâce au vent de la liberté post-révolution, s'est mobilisée pour poser le débat sur certains nombre de sujets relatifs aux libertés. Elle cite ainsi l'association tunisienne de soutien aux minorités, l'association Shams pour la dépénalisation de l'homosexualité ou encore l'association des Libres penseurs.

Tout en se montrant critique envers le président de la République Béji Caid Essebsi, Charfi salue ses initiatives concernant la création de la commission des libertés individuelles et de l'égalité ainsi que le signal favorable pour les libertés qu'il a donné en recevant le philosophe Youssef Seddik, traité d'apostat et menacé après ses déclarations sur l'historicité du Coran.

Pour Faouzia Charfi, ces paradoxes entre conservatisme d'une part et les progrès sur la question de la femme d'autre part, révèlent la complexité de la société tunisienne.

L'intellectuelle tunisienne qui se revendique de culture musulmane, porteuse d'un socle de valeurs universelles, pointe du doigt l'islamisation de la société en évoquant le danger de l'islam politique. Des problématiques comme les réformes de l'islam, sa place dans l'éducation, la laïcité font face à un rigorisme religieux porté par une frange de la société et de la classe politique.

Interrogée sur le mouvement des Iraniennes qui enlèvent le voile qu'on leur impose en public, Faouzia Charfi, tout en défendant le droit de chacun de porter ce qu'il veut sans répression dans un sens ou dans un autre, a exprimé également son refus du port du voile en le considérant comme "une manière d'exclure la femme de l'espace public", "de soumission" et "un signe d'infériorité". La réapparition du voile dans la société tunisienne a commencé avec la révolution iranienne, le fief du regain de l'islam politique, explique-t-elle.

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