Défi de la baleine bleue: une première victime marocaine âgée de 13 ans échappe de justesse à la mort

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SUICIDE - Si les autorités démentaient toute présence au Maroc du tristement célèbre Défi de la baleine bleue, elles ont reconnu une première victime dans la ville de Benguerir, près de Marrakech. Sauvé de justesse, Brahim, un jeune garçon de 13 ans, est actuellement en soins psychiatriques suite à sévère dépression nerveuse liée à la pratique de ce défi morbide.

Plusieurs médias, dont Selon Le Site info, rapportent le témoignage de ce jeune garçon qui aurait échappé de justesse à la mort. Ses parents rapportent qu'il présentait depuis quelques jours des signes inquiétants: manque d'appétit, perte de poids et d'intérêt pour les études, solitude et chagrin. Des symptômes qu'ils ont mis sur le compte de la fatigue suite à des nuits blanches passées sur Internet. Il se trouve que Brahim veillait tard la nuit depuis quelques mois sur des sites du Blue whale challenge. Une information vite confirmée par une infirmière qui a découvert une baleine bleue gravée sur son avant bras, signe d'appartenance à la communauté.

Le corps médical et les autorités locales ont alors été alertés. Le jeune garçon a avoué s'être lancé le défi de la baleine bleue, depuis quelques mois,"par amour pour l'aventure" , sans s'inquiéter des conséquences graves que ce défi présente. L'adolescent révèle ainsi avoir accompli plusieurs tâches imposées par les responsables du jeu: scarification, visionnage de films d'horreur pendant la nuit, visites de lieux effrayants et déserts, conduite d'une moto à grande vitesse...

C'est à la suite de ces défis que Brahim a pris conscience de la gravité du jeu suicidaire qu'il a voulu arrêter, avant de recevoir des menaces de mort qui visaient aussi sa famille. En effet, le jeune homme aurait fourni des informations et détails de sa vie privée aux administrateurs du jeu afin d'instaurer une certaine relation de confiance entre eux.

"C’est difficile de sortir de ce jeu, ils vous disent ce que vous devez faire et ne vous laissent pas le choix", a-t-il déclaré au Site Info. Presque tiré d'affaire, il est actuellement en soins psychiatriques au CHU de Casablanca où il est suivi par des médecins spécialisés.

Écoute et prévention

L'association "Sourire de Réda", qui lutte contre le suicide et vient en aide aux jeunes en souffrance, avait récemment alerté face au potentiel danger que représente ce défi. "Ce challenge existe bel et bien et il n'y a aucune raison que le Maroc soit épargné. Qu'il y ait des morts ou non, il faut en parler et le remettre dans un contexte: celui de la souffrance et du mal-être", explique la directrice de l'association, Véronique Fima, au HuffPost Maroc. Elle insiste d'ailleurs sur le mot "challenge", rappelant qu'il ne faut pas qualifier de "jeu" ce défi qui pousse à la scarification et à la mort.

"Sourire de Réda" a par ailleurs dressé une liste des signaux auxquels il convient d'être vigilant et qui indiqueraient si un enfant s'adonne à ces défis: grande fatigue, nuits blanches, isolement, tristesse et anxiété, traces de blessures inexpliquées, fascination pour la mort, pour les films morbides et les musiques tristes...

Quelques éléments d'action permettraient donc d'aider les enfants et adolescents à ne pas sombrer avant de commettre l'irréparable, notamment grâce à l'écoute et la communication. "Il faut écouter sans juger, ni se moquer de la souffrance ou bien dire que ce n'est rien, qu'il existe pire dans la vie. Ce sont des petites phrases qui ne font qu'accroître le mal-être", insiste Véronique Fima. "La famille joue un rôle primordial: un enfant bien entouré a moins de chances de passer à l'acte".

On peut retrouver d'autres conseils sur le site de l'association.

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