#MosqueMeToo, le hashtag viral qui dénonce les agressions et le harcèlement sexuels subis dans les lieux de culte musulmans

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MECCA
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FEMMES - Les dénonciations de harcèlement et de violences sexuelles faites aux femmes se suivent, et ne se ressemblent pas. Après avoir éclaboussé les milieux du cinéma, de l'entertainment ou encore de la politique, les lieux de cultes musulmans sont pointés du doigt depuis quelques jours, suite au lancement sur Internet du hashtag #MosqueMeToo, rapporte la BBC.

Dans la lignée des hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc, #MosqueMeToo a été initié le 6 février dernier par la journaliste féministe américano-égyptienne Mona Eltahawy. "J'ai partagé mon expérience d'agression sexuelle pendant le Hajj en 1982 alors que j'avais 15 ans dans l'espoir que cela aiderait les musulmanes à briser le silence et le tabou qui entourent leur expérience de harcèlement ou d'agression sexuelle pendant le Hajj/Omra ou dans des lieux sacrés", explique-t-elle sur Twitter, avant d'inviter les personnes à utiliser à leur tour le hashtag #MosqueMeToo pour rendre compte d'expériences similaires.

Si le message n'a été retweeté "que" 320 fois, le hashtag n'en est pas moins viral. Des témoignages de femmes affluent ainsi ces derniers jours sur le réseau social, rendant comptes d'abus sexuels, qu'il s'agisse de harcèlement ou d'agressions physiques, parfois au sein même des lieux saints, avec quelque 6000 tweets, selon France Info, tandis que la BBC précise que la majorité de ces témoignages provient de la région perse.

"Merci pour votre témoignage. J'ai aussi été harcelée à La Mecque et à Médine pendant le Hajj lorsque j'avais 20 ans. C'était dégoûtant et ça m'a perturbée. Je l'ai dit immédiatement à mes parents, mais je n'ai pu donner les détails que l'année dernière", confie ainsi sur Twitter Bunga Manggiasih.

"Je trouve difficile de penser à la Omra à présent, ce qui aurait dû être l'un des meilleurs souvenirs de ma vie et qui aurait dû me rapprocher de Dieu m'a gâché la vie", écrit pour sa part Mariha Syed.

"Les musulmanes comme toutes les autres femmes subissent le harcèlement, mais lorsque celui-ci intervient dans un contexte religieux, on leur demande de se taire pour une cause plus importante. C'est à le fois injuste et oppressif", dénonce de son côté Aisha Sarwari sur Twitter.

Des témoignages pour lesquels ces femmes font l'objet de marques de soutien, mais également d'insultes et d'attaques sur le réseau social, qui remettent notamment en cause la véracité de leur témoignage. À l'origine de ce mouvement, Mona Eltahawy ne se laisse toutefois pas intimider et compile une liste d'attaques qui lui sont ainsi parvenues:

1. Tu es trop laide pour avoir été agressée
2. Tu as été payée pour tenir ce discours
3. Tu veux juste être célèbre
4. Tu veux juste de l'attention
5. Tu veux détruire l'islam
6. Tu veux donner une mauvaise image de l'homme musulman
7. Tu es une prostituée
etc etc etc

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