La Tunisie blacklistée: "L'UE s'est basée sur un rapport datant de 2015", selon la commission tunisienne des Analyses financières

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La Tunisie est bel et bien dans la liste noire de l’Union Européenne (UE) des pays exposés au blanchiment d’argent et au financement de terrorisme. Pour revenir sur les dessous de cette classification, le Secrétaire Général de la Commission tunisienne des analyses financières, Lotfi Hachicha, a accordé une interview à Express Fm dans laquelle il a décelé le vrai du faux de ce dossier.

Hachicha a fait savoir que la Tunisie a été classée par l’UE sur la base de données élaborées par le Groupe d’action financière (GAFI).
En effet, c’est le GAFI qui fixe les standards internationaux en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, évalue les pays et émet des décisions. Ce dernier a placé la Tunisie dans la catégorie des pays à prendre des mesures de vigilance renforcées.

En se basant sur les récents rapports de GAFI, datant de 2015, l’Union Européenne a choisi de mettre la Tunisie , en 2018, sur une liste noire de pays exposés au blanchiment d’argent et au financement de terrorisme, et ce d’une façon unilatérale.

“C’est une décision injuste” a-t-il souligné en précisant que la Tunisie a fourni beaucoup d’efforts entre temps en matière de lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent. Selon lui, le rapport du GAFI sur lequel s'est basée l'UE est obsolète, il a été rédigé avant même l’adoption de la loi antiterroriste en août 2015.

Les directives de l’Union Européenne n’ont pas pris en considération les nouvelles mesures adoptées en ce sens par le pays, a-t-il affirmé sur les ondes de Mosaïque Fm.

Pour Hachicha, cette histoire de blacklisting est exagérée. Il a indiqué que ce classement n’aura pas d’impact négatif sur la Tunisie puisque des réformes sont en cours de route. “Non, il n’a pas de répercussion négative sur l’image de la Tunisie à l’étranger” a-t-il soutenu.

En vertu de la directive n°4 de l’UE, les banques et les institutions des pays européens doivent opter pour une vigilance renforcée envers les personnes et les banques en provenance de ces pays figurant dans la liste noire, a-t-il expliqué. Ainsi, selon lui le but est de vérifier les transactions et d’arrêter les opérations suspectes. “C’est un objectif positif” a-t-il répliqué à Mosaïque Fm.

Le responsable a noté, par ailleurs, que la Tunisie a entamé un plan d’action qui sera achevé à la fin du premier semestre de cette année, soit en juin 2018.

Hachicha fait savoir, d’autre part, que plus de 500 dossiers portant sur des soupçons de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme ont été transférés à la justice depuis la révolution.

La Tunisie et deux autres pays en l’occurrence le Sri Lanka et Trinité-et-Tobago ont été ajoutés mercredi sur la liste noire des États susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, selon un communiqué publié, mercredi, sur le site du Parlement Européen.

"Une décision injuste, hâtive et unilatérale", a estimé la Tunisie dans un communiqué rendu public par le ministère des Affaires étrangères.

Tout en réaffirmant son attachement au "caractère stratégique" de ses relations avec l’Union Européenne et son engagement à poursuivre le processus des réformes fondamentales, la Tunisie a formulé l’espoir de voir son nom retiré aussitôt de cette liste, à la lumière des efforts assidus déployés par le gouvernement tunisien pour tenir ses engagements nationaux et internationaux et envers le Groupe d’action financière.

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