Tirs croisés entre l'ambassadeur américain à Tel Aviv et le journal israélien Haaretz

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DAVID FRIEDMAN
US ambassador to Israel David Friedman (R) takes a picture of US Vice President (C) just after he visited Jerusalem's Western Wall in the Old City, on January 23, 2018. / AFP PHOTO / THOMAS COEX (Photo credit should read THOMAS COEX/AFP/Getty Images) | THOMAS COEX via Getty Images
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L'ambassadeur des Etats-Unis en Israël s'en est pris vivement vendredi au quotidien Haaretz en se demandant s'il avait perdu "tout sens de la décence", après la parution d'une tribune au vitriol contre le diplomate.

La querelle qui a donné lieu à cette attaque rarissime met aux prises David Friedman, connu pour son soutien à la colonisation, et un quotidien de gauche opposé à l'occupation des Territoires palestiniens.

La controverse trouve ses origines dans l'assassinat d'un rabbin de la colonie d'Har Bracha lundi en Cisjordanie occupée.

Dans un tweet publié mardi, M. Friedman disait avoir offert il y a vingt ans une ambulance à la colonie d'Har Bracha, mais se désolait de voir cette semaine une femme et quatre enfants en deuil et des "dirigeants palestiniens (qui) chantent les louanges du meurtrier".

Jeudi, le Haaretz publiait une tribune de l'une de ses signatures, Gideon Levy, rudoyant M. Friedman, "l'ambassadeur ami de l'occupation".

"Les Etats-Unis ont le droit de nommer un ambassadeur qui croit en la nécessité d'encourager et de financer les crimes de guerre et les violations du droit international", dit M. Levy, connu pour ses écrits sur les affres de l'occupation et dénigré par ses détracteurs comme un propagandiste des radicaux palestiniens.

M. Levy persifle sur le fait que la bande de Gaza, territoire sous blocus israélien, aurait plus besoin qu'Har Bracha d'une ambulance. Il affirme à quel point des colonies comme Har Bracha, profondément à l'intérieur de la Cisjordanie, rendent impossible la création d'un Etat palestinien et de la paix.

"Avec ou sans l'ambulance de Friedman, Har Bracha (littéralement +la Montagne de la bénédiction+) est une montagne de malédictions", dit M. Levy.

"Qu'arrive-t-il au Haaretz ?", a réagi M. Friedman vendredi sur Twitter, "quatre enfants portent le deuil de leur père assassiné et voilà que cette publication parle de leur communauté comme d'une +montagne de malédictions+. Est-ce qu'ils ont perdu tout sens de la décence ?"

Moment très fort

M. Friedman, qui était l'avocat du président Donald Trump, a pris ses fonctions en mai 2017, précédé par ses positions controversées en faveur de la colonisation. Il a depuis continué à ulcérer les Palestiniens et à régaler les colons en parlant de "prétendue occupation" des Territoires ou en déclarant qu'Israël occupait "seulement 2% de la Cisjordanie".

La colonisation est illégale au regard du droit international.

Le patron du Haaretz, Amos Schocken, a donné raison à Gideon Levy sur Twitter en s'adressant directement à l'ambassadeur: "Aussi longtemps que la politique d'Israël - que votre gouvernement et vous-même soutenez - consistera à faire barrage au processus de paix, à annexer de fait les Territoires, à perpétuer l'apartheid, à combattre le terrorisme tout en acceptant d'en payer le prix, les rituels de deuil se poursuivront".

M. Schocken fait référence au soutien sans faille manifesté à Israël par l'administration Trump, qui a culminé le 6 décembre avec la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Devant ce qu'elle considère comme un parti pris outrancièrement pro-israélien, l'Autorité palestinienne a pris la décision exceptionnelle de suspendre les contacts avec les officiels américains.

Le président Donald Trump a défendu l'annonce du 6 décembre dans un entretien accordé au quotidien israélien Israel Hayom, favorable au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Interrogé sur les moments les plus mémorables de sa première année de présidence, M. Trump répond que la décision sur "Jérusalem était un moment très fort". Cependant, "je pense que les deux parties (israéliennes et palestiniennes) devront faire des compromis difficiles pour parvenir à un accord de paix", ajoute-t-il.

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