L'Autorité Palestinienne appelle à "blacklister" des journalistes de pays arabes ayant visité Israël

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ISRAEL FLAG
An Israeli flag is seen near the Dome of the Rock, located in Jerusalem's Old City on the compound known to Muslims as Noble Sanctuary and to Jews as Temple Mount December 6, 2017. REUTERS/Ammar Awad | Ammar Awad / Reuters
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POLÉMIQUE - Une délégation de neufs journalistes originaires d'Irak, du Maroc, de Yemen, de Syrie et du Liban, se sont rendus la semaine dernière en voyage en Israel sur invitation du ministère des Affaires étrangères de l'État hébreu. Une visite qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, mais aussi du côté de l'Autorité palestinienne (AP), qui appelle à boycotter et à "blacklister" ces journalistes, rapporte Times of Israël.

Si la visite organisée avait pour objectif de faire découvrir l'histoire, la société et la culture israéliennes, l'AP la condamne fermement et y voit une action visant à "promouvoir la normalisation" entre les Arabes et Israël, mais aussi une trahison émanant de compatriotes arabes. "Se ranger du côté d'Israël et de son terrorisme marque une rupture avec le rang arabe et les décisions du Conseil des ministres arabes de l'information", défend l'Autorité palestinienne.

Cette dernière appelle à ce titre les médias arabes à mettre sur liste noire ces journalistes et les supports médiatiques pour lesquels ils travaillent. Demande est également faite à l'Union des journalistes arabes de prendre des mesures coercitives afin de dissuader d'autres journalistes de reproduire ce genre de visite, ici qualifiée de "honte inexcusable et injustifiée".

Du voyage touristique au scandale diplomatique

"Avec cette visite, les membres de la délégation connaîtront un Israël très différent de l’image que les médias arabes véhiculent", peut-on lire dans un post partagé sur la page Facebook du ministère des Affaires étrangères israélien.

Parmi la délégation conviée à visiter l'État juif, Noura Fouari, une journaliste marocaine du quotidien arabophone Assabah. Sur les réseaux sociaux, elle a posté plusieurs photos de son voyage et s'est attiré la foudre des internautes.

Contactée par le HuffPost Maroc, elle déclare ne pas être au courant de la réaction de l'Autorité Palestinienne et confie que ce voyage était avant tout touristique, dans le but de découvrir un pays qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de visiter auparavant. "J'ai été contactée par une amie marocaine sur place, qui m'a proposé de faire partie de cette délégation. J'ai accepté d'y prendre part car c'était pour moi une occasion de découvrir un pays que je ne connaissais pas", explique-t-elle. "C'était purement du tourisme. Il n'y avait pas ni but politique, ni but professionnel derrière ce voyage, ni de prise de partie pour un des deux États", poursuit-elle.

"Nous avons visité des lieux de cultes musulmans, juifs et chrétiens. Nous sommes allés à Jérusalem, Haifa, nous sommes partis à la rencontre des Arabes israéliens pour tenter de comprendre comment ils vivent en Israël. Le but de ce voyage, c'était de me faire un avis, pour ma curiosité personnelle. Je ne pensais pas que ça susciterait autant de réactions négatives", dit-elle, ajoutant qu'elle ne prévoit pas de consacrer d'article ou de reportage sur son périple en Israël, car elle n'y était pas "dans un cadre professionnel".

Sur son compte Facebook, elle répond aux commentaires haineux en se déclarant appartenir avant tout "à l'humanité".

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