Les libertés individuelles en Tunisie: Beau sur le papier mais...Un collectif d'associations met en garde

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FREEDOM TUNISIA
A boy holds a sign during a demonstration against hardline Salafists in Tunis, October 16, 2011. They are protesting against the violence which erupted when hundreds of hardline Salafists attacked the headquarters of Nessma TV station after it aired the film "Persepolis". The sign reads "I have the freedom to fight for my freedom". REUTERS/Zoubeir Souissi (TUNISIA - Tags: POLITICS CIVIL UNREST RELIGION) | Zoubeir Souissi / Reuters
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Deux années après sa constitution, le Collectif pour les libertés individuelles a tenu une conférence de presse, mercredi, afin de présenter l'état des lieux des libertés individuelles en le qualifiant "d'alarmant". Les violations "continuent et s'intensifient", alerte-t-il. Afin de les endiguer, les associations ont formulé des recommandations jugées "urgentes".

Le Collectif, constitué de 36 associations tunisiennes (Association Tunisienne de défense des libertés individuelles, ATFD, LTDH, Bayti, Chouf, Damj, Shams, Alsajine 52, Mawjoudin, l'Association Tunisienne de la Santé de la Reproduction, Euromed droits, ASF...), ont fustigé notamment le fait que "les autorités continuent d’interpeller, arrêter, condamner et incarcérer des tunisiennes, des tunisiens, des non-tunisiennes ainsi que des non-tunisiens, mettant en œuvre des pratiques policières inquisitrices, des décisions judiciaires, fondées sur des textes juridiques obsolètes liberticides et fondamentalement anticonstitutionnels", et ce en bafouant les droits et libertés consacrés par la Constitution.

Et d'ajouter: "les entraves à la jouissance des libertés fondamentales révèlent la pérennité de pratiques désuètes héritées de la dictature, laquelle n’a jamais hésité à s’immiscer dans la sphère privée des personnes à travers, notamment, l’incrimination d’actes aux contours flous, tels l’atteinte aux bonnes mœurs, la pudeur ou l’homosexualité".

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Le Collectif appelle, notamment, à l'abrogation des lois qui servent de couverture pour transgresser les libertés, en l'occurrence, les articles 226, 226 bis, 230 et 231 du Code pénal, portant sur le respect des bonnes mœurs, de la pudeur et de la morale.

Les associations réitèrent leur indignation face à la persistance de la pratique du test anal pour "vérifier" les pratiques homosexuelles: Elles demandent l’ "arrêt immédiat du recours dégradant au test anal et à toutes autres pratiques et investigations dégradantes portant atteinte à l’intégrité physique et à la dignité, la mise en conformité des pratiques médico légales avec les directives du Conseil de l’Ordre des médecins".

Le Collectif insiste sur l'impératif de mettre en oeuvre les principes consacrés aux libertés, mais aussi à la lutte contre la torture, la protection de l'enfance ou encore le combat contre les violences faites aux femmes. Sans leur effectivité, la Constitution, les conventions ratifiées par la Tunisie et les lois demeureront obsolètes, mettent en garde les associations.

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