Pots-de-vin d'Eni en Algérie et au Nigeria: 15 arrestations en Italie dans un nouveau rebondissement

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MARCO BERTORELLO via Getty Images
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Une quinzaine de personnes, dont des magistrats et des avocats, ont été arrêtés en Italie et accusé d'avoir "ajusté" certains procès afin de favoriser leurs intérêts ou ceux de leurs clients, dont le groupe énergétique Eni, a-t-on appris mercredi de sources judiciaires.

Un des avocats de l'Eni, Piero Amara, figure parmi les personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire dans laquelle un des responsables du groupe est également impliqué.

La police financière italienne a perquisitionné mardi les bureaux de Massimo Mantovani, ex-directeur du service juridique de l'Eni et aujourd'hui un des membres de sa direction, a-t-on appris de mêmes sources.

Les enquêteurs veulent vérifier si ces deux personnes ont cherché à lancer la justice italienne sur de fausses pistes afin d'épargner le groupe Eni et son directeur général Claudio Descalzi, des accusations de corruption dans le cadre d'un contrat pétrolier au Nigeria.

Selon l'agence de presse italienne ANSA, le procès de l'affaire de corruption impliquant Saipem, filiale d'Eni, en Algérie, est également concerné par cette enquête. Ce rebondissement pourrait aboutir sur de nouvelles révélations

L'Eni a confirmé dans un communiqué la perquisition dans les bureaux et au domicile de M. Mantovani, soulignant avoir "confiance dans l'honnêté des actions menées par ses dirigeants dans le cadre de cette affaire".

"L'Eni, qui ne fait pas l'objet d'une enquête, espère que la clarté se fasse au plus vite sur les faits qui font l'objet de cette enquête", ajoute le groupe dans ce communiqué.

Les compagnies pétrolières Eni et Shell comparaîtront à partir du 5 mars devant le tribunal de Milan, pour des soupçons de corruption lors de l'attribution d'un contrat concernant un bloc offshore au Nigeria.

Parmi les prévenus figurent l'actuel patron d'Eni, son prédécesseur, Paolo Scaroni, de même que d'autres dirigeants et cadres de Shell et du groupe italien, ainsi que l'ex-ministre nigérian du Pétrole, Dan Etete.

Le parquet de Milan soupçonne le géant italien d'avoir versé des pots de vin de presque 300 millions euros pour l'obtention de contrats en Algérie en 2003 et 2007. Le nom de l'ancien ministre de l'Energie algérien Chakib Khelil a été cité plusieurs fois dans ce procès.

La justice soupçonne aussi le versement de pots-de-vin lors de l'attribution par le gouvernement nigérian à Eni et Shell d'un contrat de 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros) pour la concession offshore OPL-245 en 2011.

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