Visite de Khemaies Jhinaoui à Bruxelles: Les grandes lignes de sa rencontre avec Federica Mogherini

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Le ministre des Affaires étrangères tunisien, Khemaies Jhinaoui, s'est exprimé lors d'une conférence de presse conjointe avec la Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et Vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, à l'occasion de sa visite à Bruxelles lundi.

Ils ont tous deux souligné l'importance de cette rencontre, pour entretenir les relations entre la Tunisie et l'Union Européenne et l'accompagnement du processus démocratique et économique tunisien dans une année 2018 "charnière" pour la Tunisie qui entamera les prochaines élections municipales en mai et achèvera les instances constitutionnelles de 2014 avant la fin de l'année.

Khemaies Jhinaoui a également souligné l'importance de l'année 2018 qui marquera une "maturité" de l'engagement européen en faveur de la Tunisie, rappelant qu'une première collaboration avait déjà été dessinée en 1995: "La Tunisie est le premier pays à avoir développé cette coopération euro-méditerranéenne. Nous souhaitons discuter avec nos amis européens de l'avenir de cette relation spéciale". Il a également attiré l'attention sur le fait que ce rapprochement ne devait pas uniquement être vu comme un appui financier européen mais aussi "normatif" et "d'accompagnement".

"Nous voulons agir ensemble pour apporter des réponses concrètes aux attentes du peuple tunisien, et notamment des jeunes" a de son côté affirmé Federica Mogherini.

La haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a ainsi rappelé sa collaboration déjà établie avec le gouvernement tunisien et le Président Beji Caid Essebsi, qui avait tenu un discours au Parlement européen mettant l'accent sur la jeunesse. "Nous avons ainsi décidé d'avancer sur un grand nombre de sujets d'intérêt commun capables d'avoir un impact direct sur nos concitoyens", a t-elle déclaré.

Parmi ces partenariats "UE-Tunisie" en faveur la jeunesse, la représentante a annoncé une augmentation du nombre de bourses d'échange "Erasmus+" et des projets d'amélioration de la formation professionnelle. Elle a d'autre part évoqué la poursuite des négociations sur les questions migratoires et de mobilité ainsi qu'une aide à l'ouverture et à la transformation de l'économie tunisienne énonçant dans ce sens l'Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) et l'accord Open Sky ("Ciel ouvert").

Federica Mogherini, a également souligné l'ambition d'une collaboration sur le long terme à travers un dialogue politique annuel, le Conseil d'Association - dont le prochain est prévu en mai - destiné dans un premier temps à définir les priorités de ce partenariat pour la période 2018-2020.

Saluant ces projets le ministre tunisien a toutefois nuancé: "Nous estimons que la jeunesse tunisienne mérite davantage car elle est très engagée dans le processus démocratique et elle souhaiterai avoir plus de chance" rappelant que la Tunisie compte près de 300.000 jeunes diplômés universitaires et qu'elle nécessite d'être davantage accompagnée dans le circuit économique local et international pour éventuellement "contribuer au développement des pays européens". "Nous avons signé des accords importants dans le cadre des projets Horizon 2020 et Europe créative, ce qui démontre la volonté de la Tunisie d'aller de l'avant" a-t-il ajouté.

Le ministre des Affaires étrangères a tenu toutefois à prévenir, qu'il faudrait à l'avenir, éviter "tout ce qui est susceptible de remettre en cause l'engagement des deux parties" dans ce partenariat, faisant référence au classement de la Tunisie parmi les paradis fiscaux qui a marqué la fin de l'année. "je ne peux pas ne pas l'évoquer", a t-il avoué. "C'était une décision injuste parce que c'était une décision unilatérale", poursuit-il avant de se réjouir de la décision finale du retrait de la Tunisie de cette liste le 23 janvier dernier.

"Nous souhaitons que l'Union Européenne nous aide à diffuser et vulgariser auprès des États et de la société civile, l'image réelle de la Tunisie, un pays qui tient à réussir son processus démocratique, qui tient à réussir sa transition économique et qui a besoin du soutien de ses amis pour devenir un pays émergeant" a conclu Khemaies Jhinaoui.

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