Pour la députée de La République En Marche Sonia Krimi, il faut être "indulgent" avec les députés tunisiens

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Invitée parmi la délégation officielle qui a accompagné le président français Emmanuel Macron en Tunisie, la député Sonia Krimi est restée en Tunisie où elle s'est exprimée sur les ondes de la radio Express FM.

Après avoir été diplômée à l'École supérieur de commerce de la Manouba, elle est arrivée en France il y a 13 ans. Venue rejoindre son père magasinier chez Peugeot, Sonia, multiplie les diplômes: docteur en Gestion, Master en Management, Finance et Contrôle stratégique et un deuxième Master en Commerce International. Elle a été enseignante universitaire avant d'entrer dans le monde industriel et notamment dans l'industrie nucléaire et "conseille les entreprises dans l’optimisation de leurs performances".

Avec un parcours aussi riche, qu'est-ce qui a pu l'encourager à faire de la politique? "En un mot: Emmanuel Macron" affirme-t-elle.

"Comme beaucoup de Tunisiens qui vivent en France (...) je regardais la vie politique française, j'avais mon mot à dire mais je n'étais personne pour prendre la parole d'une façon publique. J'ai donc décidé de soutenir Emmanuel Macron à l'été 2016" indique-t-elle ajoutant que c'est le "discours" de celui-ci qui l'a "séduite".

Pour elle, qui ne comprenait plus le clivage gauche/droit alors qu'ils avaient "plus ou moins" les même objectifs, elle s'est vite retrouvée dans le discours de l'actuel président français: "J'ai été séduite par son discours qui consiste à dire qu'on est en même temps libéral mais social, progressiste mais humaniste (...) il a réuni la droite et la gauche".

Autre chose qui l'a rapprochée d'Emmanuel Macron, c'est son discours après les attentats du 14 juillet à Nice. Alors que plusieurs hommes politiques ont stigmatisé les étrangers et l'islam, lui n'a pas choisi de pointer "l'autre" du doigt. "C'était la seul voix au gouvernement à l'époque qui a dit que comprendre ne veut pas dire excuser" expliquant que cela est dû à plusieurs facteurs dont notamment une politique de logement catastrophique depuis les années 1980.

"Toute ma vie j'ai cru en la notion de travail. Je n'ai jamais cru à cette notion d'intelligence"

Revenant sur la visite d'Emmanuel Macron en Tunisie, elle affirme que "cette visite a été très forte en émotions (...) Emmanuel Macron a dit hier qu'il part avec beaucoup de responsabilités (...) Je suis émue d'être là mais pour moi c'est pareil: Je pars avec un poids, celui d'aider la Tunisie (...) comme un frère ou une soeur".

Interrogée sur la signification de cette image, elle affirme "connaitre Emmanuel Macron, j'ai fait partie des 30.000 personnes qui ont écrit le programme d'Emmanuel Macron. Je connais son humanisme, son intégrité, son côté social, son engagement et son sens des responsabilités" ajoutant qu'elle croit en son engagement.

Concernant ses responsabilités notamment dans son mandat de députée, Sonia Krimi tacle sans les nommer les hommes politiques tunisiens. Indiquant qu'il existe une différence entre les hommes politiques et les hommes d'État, elle affirme qu'elle ne passe pas son temps sur les plateaux télé: "On ne peut pas passer son temps à commenter les commentaires des autres (...) Le travail d'un député, c'est le terrain!" explique-t-elle.

Pour Sonia Krimi, "tu ne peux pas voter une loi si tu ne sais pas de quoi elle parle" renchérit-elle avant d'ajouter: "Moi quand je reçois une loi, je vais faire un tour dans les prisons, à la police, auprès des associations, j'organise des réunions. Il faut absolument savoir sur quoi on est en train de voter".

Dans sa circonscription, à Cherbourg, tous les samedi et dimanche matins, elle les passe au marché: "Je met une chaise et une table et les citoyens viennent me parler, on échange. C'est ça qui fait qu'on construira une relation proche. C'est ça qui fait de nous avec Emmanuel Macron des femmes et des hommes d'État".

Échanges et collaboration avec les députés tunisiens

En sa qualité de vice-présidente du groupe d'amitié franco-tunisien, elle affirme être souvent amenée à "rencontrer les députés tunisiens dans le but de créer des synergies entre le parlement tunisien et le parlement français. (...) on échange, on collabore".

Si le travail des députés en Tunisie est souvent critiqué, pour Sonia Krimi "la Tunisie est une jeune démocratie. Il faut arrêter cette auto-flagellation. Soyez indulgents avec les gens qui viennent et qui démarrent en politique (...) Il y a des gens biens et des gens mauvais, comme partout. L'ARP n'est qu'une image de notre société. C'est notre miroir".

Une des différences selon elle entre être député en France et être député en Tunisie, c'est les moyens: "En France, il y a des moyens. Ici, les députés n'ont pas d'assistants parlementaires. Moi j'ai quatre personnes qui travaillent pour moi (...) Il y a un certain confort que l'on a. On a un budget que l'on gère comme on veut" dit-elle avant d'ajouter: "Par exemple, j'ai un avocat qui est constamment avec moi à mi-temps, parce que je ne suis pas juriste. Je ne vais pas écrire des amendements sans que l'on voit le côté légal".

"Le travail de député est prenant (...) Soyons indulgents avec nos députés ici. Il faut les aider" conclut Sonia Krimi.

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