L'Orchestre philharmonique du Maghreb veut faire tomber les barrières grâce à la musique

Publication: Mis à jour:
OPM1
Ibtissam Ouazzani/HuffPost Maroc
Imprimer

MUSIQUE - Si le public au Maroc a déjà pu assister à de multiples reprises aux performances de l’Orchestre philharmonique du Maroc, ils n’a en revanche eu jusque-là que de rares occasions de découvrir la version maghrébine de l’ensemble musical, qui réunit des musiciens marocains, tunisiens et algériens.

“Nous voulions montrer que notre outil de travail, la musique classique, peut faire des miracles et rapprocher les peuples”, se souvient Caroline Saunier, directrice déléguée de la fondation Ténor pour la culture, qui a fondé l’Orchestre philharmonique du Maghreb (OPM).

“Le but est de faire rencontrer ces trois pays et de montrer qu’au niveau du Maghreb, il peut y avoir une communication entre musiciens”, ajoute au HuffPost Maroc, Farid Bensaid, président de l’Orchestre philharmonique du Maroc et fondateur de l’OPM.

Et pour garantir un haut niveau de performance à faire pâlir les plus grands orchestres internationaux, l’OPM reste très exigeant lorsqu’il s’agit d’accueillir de nouveaux membres. Pour espérer intégrer l’orchestre, les musiciens maghrébins doivent avoir assez d’expérience et, de préférence, avoir déjà joué au sein d'un orchestre. Ils doivent ensuite accompagner leur CV d'une vidéo de leurs performances musicales. C’est ce qu’a fait le jeune violoncelliste algérien et soliste à l’orchestre national symphonique d’Alger, Hassan Belkacem Benalioua, qui a joué pour la première fois cette année au sein de l’OPM.

“C’est un ami violoncelliste qui m’a proposé l’idée de rejoindre l’orchestre”, raconte-il au HuffPost Maroc. “Je m’y sens comme dans une grande famille et j’ai hâte de rejouer avec eux”, dit-il avec enthousiasme.

C’est à Oujda, le 27 janvier, que l’OPM s’est dernièrement produit, après avoir rencontré le public casablancais et r’bati, à l’occasion de leur concert du nouvel an, qui rendait hommage cette année à l'un des plus grands compositeurs et chefs d'orchestre du 20e siècle, l'Américain Leonard Bernstein.

Plus de 70 musiciens se sont donc réunis pour interpréter quelques extraits de quatre comédies musicales composés par Bernstein, dont “West Side Story”, mais aussi par George Gershwin. Un thème beaucoup plus festif que leurs deuxièmes retrouvailles qui, en 2016 à Paris, avaient eu lieu autour du Requiem de Verdi.

Le président de l’OPM souhaite que ces rendez-vous annuels deviennent plus récurrents et que l’orchestre puisse accueillir encore plus de musiciens de Tunisie et d’Algérie. "Nous espérons aussi pouvoir jouer dans tout le Maghreb pour les prochaines éditions", ajoute-il, optimiste. "Le Maghreb a encore beaucoup de chose a prouver et la meilleure façon de l’exprimer, ce sont ces concerts de musique classique", assure-t-il.

Le public devra attendre l’année prochaine pour revoir les musiciens maghrébins réunis sur scène. D'ici là, l’orchestre philharmonique du Maroc a, lui, déjà plusieurs dates de prévu, notamment une série de concerts sur le thème du fantastique du 12 au 18 février prochain, dirigée par le chef d’orchestre français Pierre Michel Durand. Cette fois-ci, le public pourra interagir avec la musique grâce aux explications du pianiste et compositeur Jean-François Zygel.

LIRE AUSSI: