Menaces sur la liberté de la presse: Le Syndicat national des journalistes tunisiens décrète "une journée de colère" vendredi

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TUNISIA FREEDOM OF EXPRESSION
Tunisian people look at the stock of newspapers in a shop on May 03, 2008 in Tunis the international day for Press. Reporters Without Borders (RSF) media rights group., said 'Freedom of expression remains a utopia in Tunisia. All the press does is glorify the work of President Zine El Abidine Ben Ali, and independent journalists and their families are the victims of constant harrassment,' . AFP PHOTO FETHI BELAID. (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images) | FETHI BELAID via Getty Images
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Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a appelé, mercredi, les journalistes à observer une journée de colère vendredi. Les journalistes sont appelés à porter un brassard rouge et à consacrer dans leurs médias une couverture sur cette journée sous la bannière "La presse tunisienne est en colère".

Cette décision du SNJT est une riposte contre "les campagnes des organismes officiels contre les journalistes et les campagnes de diffamation, de calomnie et de menaces entreprises par des parties sécuritaires sur les réseaux sociaux, et qui sont demeurées impunies".

Le SNJT a appelé à boycotter les activités du ministère de l'Intérieur et les syndicats des forces de sécurité. L'organisation syndicale annonce également que les discussions sur d'autres formes de protestation sont en cours, qui incluent une possibilité de décréter une grève générale.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a adressé mercredi une lettre ouverte aux trois présidents, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, le chef du gouvernement, Youssef Chahed et le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Mohamed Ennaceur.

"La liberté de la presse et d’expression est sous le joug d’une politique structurée fermement décidée à cibler et menacer les journalistes. Cette campagne a été lancée suite à la déclaration du Président de la République, le 13 janvier 2018, contre les journalistes de la presse internationale remettant en cause leur professionnalisme et leur impartialité. Des déclarations qui ont ainsi porté gravement atteinte aux journalistes et ce, dans l'exercice de leurs fonctions mais également dans leur vie personnelle. Toutes ces pressions ont coïncidé avec des protestations sociales contre la détérioration des conditions de vie, que les médias
nationaux et internationaux ont tenté de couvrir et de livrer la voix des manifestants", dénonce le SNJT dans cette lettre.

Le syndicat tunisien des journaliste fustige les récentes déclarations tenues par le ministre de l'Intérieur, Lotfi Brahem qui a admis que ses services ont mis sur écoute un journaliste étranger qui aurait échangé avec des protestataires lors des troubles sociaux qui ont touché le pays début janvier. Le SNJT met en garde contre le retour des pratiques anciennes consistant à surveiller les journalistes, à les intimider à travers les menaces d'arrestation, la saisie d'équipement et la violence physique.

Le SNJT déplore également la lenteur des réformes des médias de services publics. Il souligne aussi les lacunes dans les projets de loi sur la protection des forces armés et sur l'Instance de l'audiovisuel qui menacent la liberté de la presse, ainsi que la gravité de projet de réinstallation de l'Agence Tunisienne de la Communication Extérieure "qui a joué un rôle central dans la répression de la liberté de la presse, la corruption du secteur et la glorification de la dictature".

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