Jean-Pierre Elkabbach: "Je retourne à Paris avec une confiance dans le rôle modèle de la Tunisie"

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Invité de la radio Express Fm, le journaliste français Jean-Pierre Elkabbach qui a mené une interview avec le président tunisien Béji Caid Essebsi dans la matinée du jeudi est revenu sur les relations franco-tunisiennes mais également sur la perception des médias français de la Tunisie.

"Je voudrais d'abord dire que vous avez un point commun avec nous les Français, c'est que vous êtes les rois du dénigrement comme nous, de ce qu'est le pays, de ce que font les gouvernants et du rôle que le peuple peut avoir alors que le peuple tunisien a montré à plusieurs reprises sa force, son exigence à l'égard de ces gouvernants multiples" a-t-il débuté en réaction notamment à la déception de certains tunisiens sur la situation dans le pays mais aussi par rapport au discours du président français comme le relate Libération.

Revenant sur la visite d'Emmanuel Macron, Jean Pierre Elkabbach estime que celle-ci vise à renforcer la relation entre les deux pays, "une relation déjà forte" démontrée par ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Cependant selon lui, avec Emmanuel Macron, c'est différent: "Elle prend une tournure plus privilégiée, plus personnelle et elle mise sur les jeunes et l'avenir. C'est ça qui m'a frappé".

"Vous avez d'un côté Emmanuel Macron qui est le plus jeune président de la cinquième République, un fils de la cinquième République, et de l'autre le sage (...) de la jeune démocratie tunisienne qui parle le même langage direct, parfois brutal" note Elkabach.

D’après lui, ce qui est important dans la visite de Macron c’est qu’elle met en relief les “clés d’une démocratie ouverte au monde". Il a expliqué que le fait d’axer sur l’éducation, l’économie et la culture, la Tunisie démontre être un pays ouvert et moderne.“Ce qui m’a frappé dans les propos que tenait votre président c’est qu’il dit que la Tunisie est un pays arabe, africain, musulman, francophile…Un pays qui pratique la pluralité des religions et qui ne mêle pas l’Islam à la politique", a-t-il poursuivi.

Le journaliste a, par ailleurs, évoqué les réformes notamment sociales que mène la Tunisie pour sortir de la crise et son acharnement contre la corruption et la pauvreté.

Malgré les agitations sociales qui ont récemment secoué la Tunisie, Elkabbach s’est montré assez rassuré et confiant quant à l’avenir du pays. “J’ai vu qu’il y a une prise de conscience des besoins réels” a-t-il martelé.

Il a, toutefois, souligné la nécessité de repenser l’économie tunisienne pour sortir de la crise. “Une économie ne peut pas se reposer que sur les aléas saisonniers du tourisme” a-t-il confié en saluant l'intention de certains Chefs d’entreprises français de vouloir investir en Tunisie et créer de nouvelles opportunités d’emploi pour la jeunesse tunisienne.

“La Tunisie, que j’aime, veut lutter sur toutes les formes de retard en matière économique”, a-t-il répliqué. Ainsi, pour lui, cette forme de résistance face à sa souffrance notamment avec “le plan d'austérité qui lui est imposé par la Banque mondiale et le FMI”, pourrait lui permettre de s’en tirer à l’instar de l’Espagne et de la Grèce.

“Il y a la nécessité nous français, d’être encore plus proches non seulement dans le domaine de la sécurité et l'antiterrorisme (...) mais dans le développement de la culture", a-t-il ajouté en abordant la création d’une université franco-tunisienne pour l’Afrique et la Méditerranée.

Elkabbach a, par ailleurs, noté que pour les européens le fait “de défendre et protéger la Tunisie, c’est de se défendre eux mêmes”. “Ce n’est pas de l'égoïsme, mais c’est une forme d’ouverture et d'altruisme” a-t-il souligné.

Ami de la Tunisie, Elkabbach a exprimé son admiration pour une Tunisie moderne et enthousiaste. Il a abordé, également, l’importance de la femme tunisienne dans la société et évoqué l’implication des jeunes pour bâtir une Tunisie meilleure. “Ce qui nous a frappé c’est que vous avez des ministres qui sont jeunes, originaires du monde de l’Entreprise”, a-t-il affirmé.

Ainsi, malgré les difficultés et les obstacles, la Tunisie garde, selon lui, cette volonté de vouloir réussir sa révolution démocratique engagée il y a sept ans.

“Je retourne à Paris avec une confiance dans le rôle modèle de la Tunisie quelles que soient les difficultés rencontrées(...), elle maintient sa volonté de réussir sa révolution démocratique (...), et je lui dit bonne chance” a-t-il conclu.

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