"Ceci n'est pas une burqa", le court métrage percutant sélectionné au Mobile Film Festival

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VIDÉO - Une minute pour convaincre. Cela pourrait être le crédo du Mobile Film Festival, premier festival français de courts métrages filmés avec un smartphone, qui organise cette année sa 13e édition.

Parmi les cinquante films d'une minute sélectionnés par le jury, "Ceci n'est pas une burqa", réalisé par le Marocain Imad Fijjaj, s'attaque à un sujet sensible au Maroc: la lutte contre la violence envers les homosexuels.

"Au Maroc, être gay, c'est avant tout vivre caché, mentir et jouer la comédie pour éviter les insultes, le qu'en dira-t-on, les persécutions et la prison", peut-on lire dans la description de la vidéo que vous pouvez voir ci-dessus.

Caché sous un voile qui ne fait ressortir que ses yeux maquillés, un homme découvre son vrai visage, face caméra. Les plans sont entrecoupés d'images d'un fait divers qui avait particulièrement choqué au Maroc: le lynchage d'un travesti par de nombreux hommes en juin 2015 à Fès.

"Ce sujet me touche vraiment. Vivre en cachette, c'est difficile pour n'importe quel être humain", explique Imad Fijjaj au HuffPost Maroc. "Si tu es caché sous une burqa, personne ne te parlera, ne te frappera. Même sans, tu peux vivre normalement si tu es homosexuel, mais tu devras cacher ton homosexualité", ajoute-t-il.

La vidéo, qui vient d'être partagée sur YouTube, n'a pas encore suscité de débat au Maroc. "On attend de voir si elle va créer quelque chose ou pas", confie le réalisateur.

Le choix de la musique, une reprise de "Ne me quitte pas" de Jacques Brel par le groupe libanais Mashrou'Leila, n'est pas un hasard. "C'est une manière de dialoguer avec le personnage: est-ce que tu veux rester dans ta peau ou te quitter toi-même?", explique Imad Fijjaj.

Le film du réalisateur marocain a été sélectionné avec 49 autres parmi plus de 1.000 courts métrages présentés. Le 13 mars à Paris, le jury du festival, présidé par le réalisateur Patrice Leconte, annoncera les grands vainqueurs.

Plusieurs prix sont à la clé: le grand prix France et le grand prix International, qui permettent aux lauréats de remporter une bourse de 15.000 euros pour produire un film. Mais également le prix de la mise en scène et le prix du scénario (3.000 euros chacun pour aider à l'écriture d'un film), et enfin les prix de la meilleure interprétation masculine et féminine. Un prix sens critique, un prix du jury digital et un prix du public seront également remis.

Imad Fijjaj, âgé de 30 ans, avait déjà remporté le premier prix du festival de court métrage "Ana Maghribi(a)" en 2015, organisé par l'Institut français au Maroc, pour son film "Dieu, Maroc et moi". Le réalisateur est actuellement en court de post-production d'un premier long métrage qui devrait sortir en 2019.

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