Tariq Ramadan, accusé de viols, vient d'être placé en garde à vue

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TARIQ RAMADAN
Author Tariq Ramadan is seen during an interview with Reuters in New York April 8, 2010. Ramadan, a Swiss citizen of Egyptian origin who was born in Switzerland, has written extensively on Western Muslims and on Islam. He is president of the thinktank European Muslim Network in Brussels and teaches at Britain's Oxford University. REUTERS/Mike Segar (UNITED STATES - Tags: MEDIA POLITICS RELIGION SOCIETY) | Mike Segar / Reuters
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TARIQ RAMADAN - L'essayiste Tariq Ramadan, accusé de viols, vient d'être placé en garde à vue à Paris, selon des sources judiciaires qui se sont confiées à l'AFP.

Figure controversée de l'islam en France, le théologien Tariq Ramadan se retrouve, depuis le mois de novembre, en pleine tourmente depuis que deux femmes ont porté plainte contre lui pour viol. À travers un message publié sur son compte Twitter, il avait appelé à "demeurer sage et digne", malgré un climat "délétère", entraînant des "commentaires excessifs", qu'il condamne.

"De tous les bords, de façon anonyme ou pas, on lit des commentaires excessifs, racistes, antisémites, islamophobes, irrespectueux à l'endroit des femmes etc. Depuis 30 ans, j'appelle à la mesure, à l'écoute, au dialogue respectueux et à l'intelligence ouverte et critique", explique-t-il avant de conclure le texte en disant faire "confiance à la justice."

La première femme à l'avoir accusé, Henda Ayari, ancienne salafiste devenue militante féministe et laïque, dit avoir eu "le courage" de nommer son agresseur dans le contexte de la campagne #BalanceTonPorc en France.

Malgré les "centaines de messages de menaces" envoyées via les réseaux sociaux par des partisans du charismatique intellectuel, Henda Ayari, 40 ans, avait étayé lundi ses accusations contre celui qui, selon elle, "utilise l'islam pour assouvir ses pulsions sexuelles".

Elle racontait avoir d'abord échangé avec le petit-fils du fondateur de la confrérie égyptienne islamiste des Frères musulmans sur les réseaux sociaux avant de le rencontrer en 2012 à l'occasion d'un rendez-vous qu'il lui donne dans un hôtel parisien en marge d'une de ses conférences.

Elle mentionnait également son admiration initiale pour celui qu'elle voyait comme "un grand frère, un homme religieux", avant le "cauchemar": "il s'est littéralement jeté sur moi comme une bête sauvage", "m'a étranglée". "J'ai vraiment cru mourir. J'étais certaine ce soir que si je continuais à le repousser il me tuerait", raconte-t-elle dans plusieurs médias.

Le témoignage d'une deuxième victime présumée, révélé par Le Monde et Le Parisien, faisait état d'un modus operandi similaire: un rendez-vous en marge d'une conférence après une correspondance écrite avec l'islamologue, une agression au bout de quelques minutes, d'une extrême violence.

Depuis ces accusations, Tariq Ramadan, brillant orateur très populaire parmi certains musulmans conservateurs, avait été mis en congé de la prestigieuse université d'Oxford, dans laquelle il officiait.

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