Emmanuel Macron à la communauté française en Tunisie: Les jeunes de France et de Tunisie "conjugueront leurs avenirs ensemble"

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MACRON TUNISIA
French President Emmanuel Macron delivers a speech to members of the French community in Tunis, Tunisia, January 31, 2018. REUTERS/Eric Feferberg/Pool | POOL New / Reuters
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En marge de sa visite d'État en Tunisie mercredi et jeudi, le président français Emmanuel Macron a rencontré la communauté française de Tunisie à la résidence de l'Ambassadeur de France en Tunisie Olivier Poivre d'Arvor.

Lors de son discours aux français de Tunisie, le président français a affirmé avoir "été frappé par l'énergie qui régnait, la volonté de changement, et la responsabilité que la France avait ici" lorsqu'il était venu en Tunisie avant qu'il ne soit élu.

"Je sais aussi ce que de dois aux françaises et aux français qui vivent sur ces terres" souligne-t-il rappelant qu'ils ont massivement voté pour lui.

Annonçant les raisons de sa visite, il indique: "Si je suis ici, c'est parce que ce pays, la Tunisie, notre pays ami traverse un moment particulier de son histoire".

"Ce pays est pour certains une anomalie pour d'autres une énigme, pour moi un formidable espoir, celui d'avoir construit une transition démocratique, d'avoir su dans un contexte politique où rien n'était donné, d'écrire une constitution où les libertés individuelles et les droits fondamentaux sont préservés, où l'égalité entre l'homme et la femme est mieux préservé que dans notre constitution" a continué Emmanuel Macron.

La Tunisie est un "pays qui a réussi sa révolution culturelle en dessinant d'une manière inédite un rapport apaisé entre l'État, la vie civile et la religion"

"La réussite dans ce contexte est aussi la nôtre et je ne viens pas ici chez un partenaire ou un pays lointain qu'on viendrait aider (...) Non! Je viens de l'autre côté du rivage la Méditerranée, d'un pays frère, parce que notre destin est lié" rappelle-t-il.

"Si la Tunisie ne conforte pas sa place de démocratie (...) si la Tunisie ne réussit pas à faire réussir sa jeunesse, si la Tunisie ne réussit pas à avoir un État, une vie politique hors de la religion et de son emprise -laissant à chacune et à chacun sa liberté de conscience- alors nous ne réussirons pas non plus (...) parce que tout ces risques là, nous les avons dans notre société" prévient le président français.

"Comment pourrais-je considérer un moment donné que la France pourrait complètement réussir si la Tunisie échouait? Il y a 700.000 tunisiens en France officiellement, si on compte les binationaux, je pense que c'est beaucoup plus. Il y a 30.000 françaises et français qui vivent ici" a-t-il affirmé et dont pour certains d'entre eux, "la Méditerranée n'existe presque plus" et dont le quotidien se partage entre les deux pays.

Pour réussir l'objectif d'appuyer au mieux les relations franco-tunisiennes, il compte sur les binationaux: "Je souhaite que nous puissions faire des binationaux, des français vivants en Tunisie, des Tunisiens vivants en France, une chance pour ce défi qu'il y a devant nous".

Revenant sur les projets que certains hommes d'affaires l'ayant accompagné vont mettre en place en Tunisie, le président français cite l'exemple d' "Orange et Stéphane Richard avec un partenaire tunisien dont les sujets se régleront dans les prochaines semaines et qui permettra à notre opérateur de retrouver sa place".

Autre annonce de projet en cours, un projet porté par le fondateur de Free et copropriétaire du Groupe Le Monde Xavier Niel: "Xavier Niel est là aussi et qui portera des projets ambitieux pour le numérique, la formation et l'entrepreneuriat sur le sol tunisien. Il y est attendu" indique Macron.

"Ce sont des outils qui sont offerts à celles et ceux qui font vivre la relation au quotidien"

Revenant sur les partenariats culturels et éducatifs mis en place, Emmanuel Macron explique que "la Tunisie est à la confluence de cultures, d'univers linguistiques qui lui permettront de réussir si ce tournant est pris. Il y a une jeunesse qui est la mieux formée de tout le Maghreb, le Machrek, le Proche et le Moyen-Orient; parce que c'est un pari pris par Bourguiba".

Avec cette jeunesse, "les acteurs économiques plongés dans ce pays ont tout pour en faire une plateforme de réussite à travers la Méditerranée (...) et c'est ainsi que nous devons penser notre partenariat".

Concernant la polémique sur les restrictions budgétaires des lycées français de l'étranger Emmanuel Macron affirme: "J'ai pris une décision (...) je veux ici vous dire trois choses: La première, c'est que l'enseignement du français sera au coeur de notre action diplomatique et de notre rayonnement" déclare-t-il ajoutant vouloir même voir le modèle de l'enseignement français prospérer.

"Mais je souhaite que nous puissions aussi mieux intégrer le secteur privé, de dégager de nouvelles marges de manoeuvres, parfois accueillir des partenariats afin de nous faciliter la vie", d'où cette décision prise par le gouvernement français.

C'est pourquoi "un projet de réforme de l'AEFE" sera proposé l'été prochain a-t-il annoncé.

"Il est en particulier ici, en particulier aujourd'hui un combat essentiel (...) pour nos valeurs qu'on partage, celui pour une histoire commune, celui pour une volonté de faire en commun parce qu'au delà de tout cela, il y a une chose qui est devant nous: c'est l'avenir de notre jeunesse, l'avenir de la jeunesse en Tunisie et l'avenir de la jeunesse en France" note le président français.

"Je suis profondément convaincu que ces jeunesses conjugueront leurs avenirs ensemble plus encore que les générations présentes parce qu'elles ont les mêmes défis, parce qu'elles ne s'imaginent plus séparées et parce qu'elles doivent avoir les mêmes réussites de part et d'autres de la Méditerranée" conclut-il.

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