En marge de la visite d'Emmanuel Macron en Tunisie: Parents, élèves et enseignants des lycées français de Tunisie protestent contre les restrictions budgétaires

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MACRON TUNISIA
ERIC FEFERBERG/AFP/Getty Images
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À l'occasion de la visite du président français Emmanuel Macron en Tunisie mercredi et jeudi, quelques 6000 élèves, leurs parents et plus de 400 enseignants des écoles françaises de Tunisie, "manifestent leur désapprobation devant les restrictions budgétaires drastiques imposées au budget de l’AEFE" indique un communiqué.

Selon ce document, les élèves, parents d'élèves et enseignants des écoles françaises reprochent au président français de mettre les établissements français dans une "impasse financière".

En effet, le gouvernement Macron avait décidé une diminution de 33 millions d’euros du budget de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger ce qui entraine la suppression "de plus de 500 postes de fonctionnaires détachés et planifiée sur trois ans, dont 180 dès 2018".

Selon les signataires, en Tunisie, en 5 mois seulement déjà 8 postes d'enseignants titulaires ont été supprimés et remplacés par des contrats locaux qui sont pris en charges par les établissements eux-même, qui connaissent déjà des difficultés financières.

Mais les enseignants ne sont pas les seuls à être touchés, puisque cela se répercute également sur les frais d'inscription qui ont augmenté de 9%. Pour les premières inscriptions, le prix doublera même à partir de l'année prochaine indique le communiqué.

"Beaucoup de familles qui ont fait le choix de l’éducation à la française, de sa langue, de sa culture, de ses valeurs vont être contraintes à la déscolarisation de leur enfant pour motif financier. Le risque est grand de voir se transformer ces écoles d’exception, imprégnées d’idéaux républicains, en entreprises privés, mues par des logiques plus financières qu’éducatives" déplorent les signataires

Alors que le président français Emmanuel Macron souhaite remettre en avant la Francophonie, les associations d'enseignants, d'anciens élèves et de parents d'élèves signataires lui reprochent de faire le contraire: "Emmanuel Macron, souhaite tripler le nombre de francophones d’ici 2050, tout en asphyxiant méthodiquement son plus grand vivier", note le communiqué.

"Que peut-on espérer des mesures en faveur de la francophonie, quand le gouvernement qui les annonce se désinvestit de ce réseau d’enseignement qui forme les générations francophones de demain?", s'interrogent-ils.

Les signataires affirment n'avoir qu'un objectif: "Continuer à garantir un fonctionnement équilibré et une gestion indépendante des établissements, dans un pays où malgré le fait que le français soit une langue officielle, il n’a de cesse de régresser".

Le 1er et le 5 décembre, des classes mortes ont été organisées dans les lycées français de Tunisie suite aux récentes décisions de réduction budgétaire et de suppression de postes au sein de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE). Ce mouvement avait été généralisé sur l'ensemble du continent africain mais également dans plusieurs pays du monde à l'instar de l'Espagne.

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