Digital factory ou quand Saham Assurance se met à l'ère de la startup

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DIGITAL FACTORY
SAHAM ASSURANCE MAROC
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ASSURANCE 2.0 - S'il y a bien une chose qu'on reproche souvent aux grandes entreprises, c'est leur lourdeur. À l'heure de la blockchain et de l'intelligence artificielle, l'adoption des innovations n'est pas toujours aisée pour ces mastodontes, quel que soit leur secteur d'activités.

Confronté à la même contrainte, le groupe Saham Assurance Maroc semble avoir trouvé la parade. Lors d'une visite dédiée à la presse, l'assureur national a présenté son laboratoire dédié à l'innovation: la Digital factory. "Il s'agit d'un espace collaboratif par excellence qui regroupe des équipes aux profils pluridisciplinaires engagées autour de la transformation globale de la compagnie", explique Moulay Mhamed Elalamy, directeur général de Saham Assurance.

700 m2 de stéréotypes "startup"

Il faut dire que le projet est le petit bébé du nouveau patron et véritablement le premier chantier stratégique auquel il s'est attelé à son arrivée à la tête de la compagnie en janvier 2017. "Cela fait plus d'une année que la Digital factory a été lancée, mais j'ai préféré avoir des réalisations concrètes à présenter avant de communiquer", déclare Elalamy-fils, qui partage là le même crédo que son père.

digital factory

Située au cœur du quartier Art déco de Casablanca, la Digital factory offre sur un plateau de 700 m² des locaux nouvelle génération. D'un point de vue architectural et aménagement, c'est la rupture totale et partout où l'on pose le regard, l'œil finit immanquablement par accrocher un stéréotype "startup". Il sera d'ailleurs plus question de "box" et "workspace" que de bureau et salle de réunion et la Digital factory ne fera pas non plus l'économie de la désormais sacro-sainte console de jeu et de l'espace restauration avec sa table de babyfoot.

Bienvenue à la direction de transformation de Saham

Mais que fabrique Saham dans cette "usine"? "Concrètement, il s'agit de la direction de transformation du groupe", précise Hicham Badreddine, Chief Transformation Officer (CTO) de Digital factory. L'organe accompagne ainsi tous les changements de process de Saham qui pourraient prendre du temps s'ils étaient confiés aux équipes classiques. Le but, profiter de l'agilité offerte par la structure startup afin de conduire de façon plus rapide et efficace ces transformations.

L'équipe marketing a besoin d'une application mobile? la Digital factory va s'en occuper. Un client souhaite recevoir son contrat d'assurance en arabe? C'est la Digital factory qui s'y colle. Le groupe souhaite la mise en place d'un centre de relation clients? C'est encore la Digital factory qui va arranger ça. La structure tire donc sa force de son organisation flexible.

Pizza-teams et taylorisme new age

Car ici, en dehors de Badreddine, il n'y a aucun chef, nous assure-t-on. Les 40 personnes qui constituent l'effectif travaillent par petites équipes de 8 personnes: les pizza-teams. "Nous avons juste assez de personnes par équipe pour manger deux pizzas", s'amuse le CTO. Assez nombreux pour être créatifs mais pas assez pour la déperdition de la communication.

Chaque projet est porté par une personne du groupe Saham qui est formée à la Digital factory. Elle travaille alors en collaboration avec les pizza-teams sur des sprints hebdomadaires. L'objectif: rendre un livrable chaque semaine jusqu'à la réalisation du projet total.

digital factory

La gestion de projet est d'ailleurs portée au rang d'art et chaque mini-tâche est consignée dans un système très visuel qui permet de déceler rapidement qui est en charge de quoi et pour combien de temps. On devine alors le rythme effréné qui doit être celui des équipes dans ce système qui n'a rien à envier au modèle taylorien. Même Moulay Mhamed Elalamy reconnaît que les équipes sont constamment sous pression.

Attention toutefois, une précision doit être faite. Si les profils, recrutés pour la plupart en externe, sont très techniques et issus du monde du digital, les réalisations de la factory ne sont pas forcément liées au numérique. "La composante digitale n'est pas obligatoire, il nous arrive aussi de travailler sur de la transformation non digitale à partir du moment où l'on apporte une réponse client pertinente", assure le DG de Saham Assurance. Cela n'empêche pas la Digital factory d'être en veille permanente sur des sujets comme la blockchain ou les smart-contracts.

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