L'épouse du commandant Azzedine interpelle Bouteflika sur "l'assassinat" de son gendre

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LE COMMANDANT AZZEDINE
Le Matin.dz
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Deux mois après la mort suspecte de Hamza Hadjouti, gendre du commandant Azzedine, Zerari Rabah de son vrai nom, l'épouse de l'ancien responsables de la zone autonome d'Alger, la moudjahida et styliste Yasmina a décidé d'interpeller publiquement le président de la République. Yasmina Zerari y revient sur les conditions de la mort de son gendre qu'elle qualifie sans fards d'"assassinat" en accusant les "les services de sécurité" d'en être les responsables.

La lettre ouverte au chef de l'Etat a été publiée par la veuve de Hamza Hadjouti, Fifi Lamia Chellai, sur son compte Facebook, Yasmina Zerari y souligne que depuis près de cinq ans, toute sa famille et particulièrement mon mari, vivent une " situation intenable, suite à une malheureuse affaire commerciale."

A cette affaire, ajoute-t-elle, s'est greffée "le drame de l'arrestation et de l'assassinat, oui Monsieur Le Président, de l'assassinat le 23 novembre 2017, de mon gendre, Hamza Hadjouti, le mari de ma fille, par les services de sécurité qui avaient, procédé à son arrestation, dont nous ignorons jusqu'à présent pour quelles raisons."

L'épouse du commandant Azzedine demande au chef de l'Etat à ordonner de "vraies enquêtes" notamment sur l'assassinat de son gendre. "Si pour l'administration le jeune Hadjouti Hamza, n'est qu'un numéro d'identification sur une carte d'identité et maintenant sur un permis d'inhumer et une tombe, il est le père de mes deux petits-enfants. Que leur dirai-je quand ils atteindront l'âge des questions ?"

"Comme une bouteille à la mer"

Yasmina Zerari dit espérer que cette énième lettre adressée au Président Bouteflika comme une "bouteille à la mer" lui parvienne enfin. Elle souligne que de toutes les correspondances adressées au Président, une seule lui était parvenue suite à laquelle "le Premier ministre, M. Sellal, l'avait reçu pour lui signifier votre volonté de résoudre son problème." Pourtant, insiste-t-elle, aucune suite n'a été donnée.

L'épouse du commandant Azzedine affirme que son mari "a fait l'objet d'une escroquerie unique dans l'histoire de la criminalité organisée en Algérie. La police chargée de l'enquête a classé l'affaire comme si les sommes dont il a été dépouillé étaient de la menue monnaie d'un parcmètre."

Elle ajoute qu'on lui refuse "l'acquisition d'un bien qu'il exploite depuis 52 ans, par un simple claquement de doigt, alors que des entreprises florissantes ont été cédées au dinar symbolique." Elle ajoutera que l'immeuble en question était "le seul bien" de son époux.

L'épouse du Commandant Azzedine demande à Bouteflika d'ordonner "une enquête financière sur les biens de mon époux tant en Algérie qu'à l'étranger". Elle souligne que sa famille et elle ne voulaient nullement "une trituration des lois" mais que leur "cri de douleur" soit enfin "écouté".

Pour rappel, le commandant Azzedine et des membres de sa famille étaient poursuivis en justice à la suite d'accusation d'escroquerie au dépens notamment de la famille du colonel Salah Boubnider.

La mort suspecte de Hamza Hadjouti en novembre dernier qualifiée d'"assassinat" par le commandant Azzedine et son épouse et dont ils accusent ouvertement les services de sécurité a donné un tour tragique à cette affaire "commerciale". Si aucune indication ne permettait à ce jour de faire le lien entre les deux histoires, la lettre de Yasmina Zerari suggère clairement qu'elles sont étroitement liées.

Pour rappel, au lendemain de la dénonciation par le Commandant Azzedine de "l'assassinat" de son gendre, des médias citant des sources anonymes ont diffusé une "contre-version" selon laquelle Hamza Hadjouti se serait suicidé avec son arme. Ainsi, le site Algérie Patriotique a affirmé sur la foi de "sources sûres" que "le gendre du commandant Azzedine s’est suicidé en faisant usage de son arme, alors qu’il venait d’être interpellé par les services de sécurité."

Deux mois après la mort, aucune indication officielle n'a été donnée sur les circonstances de la mort de Hamza Hadjouti. La fille du commandant Azzedine affirme que les gendarmes lui avait dit que l'affaire sera jugée par le tribunal militaire de Blida et qu'elle sera citée comme témoin. Depuis elle n'a été destinataire d'aucune convocation et reste dans le flou le plus total sur le déroulement d'une éventuelle enquête.

Qu'est-il arrivé donc cette nuit du 22 novembre 2017?

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