Les 5 arguments du nouvel appel de la FIDH à abolir la peine de mort en Tunisie

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DEATH SENTENCE
the image of the hands holding the hanging Lynch's loop on a background with texture | SvetaZi via Getty Images
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Le débat sur la nécessité d'abolir la peine de mort a refait surface en Tunisie. Cet appel a émané récemment du bureau de Tunis de la Fédération internationale des Droits de l'Homme (FIDH), qui a réuni des militants et des journalistes pour réclamer l'inscription de l'abolition de la peine de mort parmi les recommandations de la commission des libertés individuelles et de l’égalité. Ladite commission va rendre son rapport final au président de la République, le 20 février.

Pour plaider l'abolition de la peine de mort, la FIDH a présenté cinq arguments:

Une sanction irrévocable: La FIDH prend l'exemple de l'affaire de Maher Mannai, condamné depuis 2004 à la peine capitale. De nouveaux éléments et témoignages ont refait surface, entrainant la réouverture de son dossier par la justice. "Si la peine de mort avait été appliquée, il aurait été impossible de revenir en arrière pour prendre en considération les nouvelles données", souligne l'organisation.

Une sanction discriminatoire et injuste: La FIDH révèle que la peine de mort concerne souvent les personnes vivant dans des milieux précaires et marginalisés. "Les ouvriers, chômeurs et agriculteurs constituent 68% du total des condamnés à la peine capitale jusqu’en 2012".

Une sanction sélective: La FIDH note que la peine capitale a été souvent décrétée dans des affaires politiques: "depuis l’indépendance (...), la plupart ont subi la peine capitale pour des considérations politiques. Ainsi, l’abolition de la peine de mort devient une garante de la démocratie".

Une sanction non dissuasive: La peine de mort est inefficace pour endiguer les crimes ou le terrorisme: "plusieurs exemples dans la région prouvent que cette peine ne fait qu’alimenter le cycle de la violence", déplore la FIDH, qui prend comme exemples l'Irak ou encore l'Algérie.

Une sanction anticonstitutionelle: La FIDH se réfère à l'article 21 de la Constitution qui consacre le droit à la vie. "L’État ne peut pas appeler à ne pas tuer s’il tue lui-même en vertu de la loi. Une telle situation ne peut qu’attiser la haine et développer les désirs de vengeance".

Dans une conjoncture marquée par le fléau du terrorisme et des crimes, certains appellent à mettre fin au moratoire de 1991 de la Tunisie concernant la peine de mort et sa mise en application. La peine capitale a été prononcée à l'encontre de plusieurs terroristes depuis 2015. Un contexte qui soulève les inquiétudes des défenseurs de l'éradication de la peine de mort.

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