Levée de la suspension des produits à l'importation dans deux ou trois ans

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BENMERADI
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Les suspensions des importations ont-t-elles ou non été utiles à l'économie nationale? Les responsables algériens affirment les uns après les autres que ce n'est pas totalement vraie.

L'l’introduction de ce système, a indiqué ce matin le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi sur la chaine III de la radio nationale, a permis d'en tirer des avantages mais également "beaucoup d’inconvénients". Des avantages, il note que les produits soumis à licences ont permis de baisser de 50% le volume des importations.

Quant aux inconvénients, et elles ne sont pas des moindres, elles ont selon lui, "quelque peu", perturbé le fonctionnement de l’économie, provoquant des coupures dans les approvisionnements en intrants et des hausses de prix, se traduisant parfois, par des "ruptures d’activités".

Il estimera dans ce sillage, que le système des licences avait "atteint ses limites", le ministre du Commerce relève, qu’en 2017, il a été observé des surenchérissements de prix "que nous n’arrivons pas à nous expliquer". Il cite notamment celles du lait, dont il indique au passage que les importations ont augmenté de 50%.

Il note que les gains attendus par le dispositif des licences a été "un petit peu" contrarié par ces augmentations et que, d’autre part, la diminution en chiffre du niveau des importations n’aura été que de 1,2 milliard de dollars.

Aussi la suspension des produits à l'importation, apprend-on, sera levée dans deux ou trois ans pour être remplacée par un dispositif d'encadrement du commerce extérieur basé essentiellement sur les tarifs douaniers, a affirmé dimanche le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi.

"Le dispositif de suspension de 851 produits à l'importation a un caractère temporaire (...), probablement pour deux ans, trois ans peut-être, mais nous reviendrons à la levée de ces mesures", a indiqué M. Benmeradi qui s'exprimait sur les ondes de la radio nationale.

Il a également avancé que les marchandises concernées par la suspension à l’importation feraient l'objet d'un suivi permanent durant la période de la suspension.

A ce propos, il a expliqué que la suspension des importations vise fondamentalement à redresser la balance commerciale qui demeure déficitaire et à promouvoir la production nationale: "J'ai entendu dire par ici ou par là que nous voulions priver les Algériens de consommer ce qu'ils veulent.

Non, ce n'est pas du tout ça l'objectif (...) Il faut arriver à tout prix à assurer progressivement une intégration de tout ce qui se produit localement pour faire de la substitution à l'importation".

Pour lui, il s'agit d'un "choc" à provoquer dans l'économie nationale où l'ensemble des filières hors hydrocarbures présentent une balance commerciale déficitaire.

Citant l'exemple de la filière boissons qui a importé entre 400 et 450 millions de dollars en 2017 contre 12 millions de dollars d'exportations, M. Benmeradi a souligné que le gel des importations visait à assurer les intrants de la production nationale au niveau local en donnant aux entreprises nationales l'opportunité d'émerger.

"Les investissement consentis en Algérie depuis des années tournent seulement entre 20% et 25% de leurs capacités du fait que les entreprises, qui interviennent en aval, ne recourent souvent pas aux produits (fabriqués localement)", a-t-il constaté.

Par contre, les importations représentent 80% du chiffre d'affaire de l'industrie nationale, selon M. Benmeradi qui a mis en exergue la nécessité de faire des ajustements économiques visant à mieux intégrer l'économie domestique.

Dans ce sens, a-t-il préconisé, le taux d'intégration national dans la filière du montage automobile en CKD/SKD doit monter en cadence pour freiner le niveau très élevé d'importation dans cette filière, qui a atteint 1,7 milliard de dollars en 2017 et pourrait augmenter à 2 ou 3 milliards de dollars dans les prochaines années.

Mais après la levée de la suspension à l'importation, le gouvernement envisage de recourir à un encadrement du commerce extérieur basé principalement sur l'instrument tarifaire qui est "une pratique plus transparente que les suspensions qui sont de nature administrative", estime-t-il.

Interrogé si les mesures tarifaires attendues vont être intégrées dans une éventuelle loi de finances complémentaire, le ministre a indiqué qu'aujourd'hui, le gouvernement ne prévoit aucun projet dans ce sens.


Vers un système de subvention ciblée

Concernant les subventions, le ministre a reconnu que l'Etat subventionnait indirectement les importations à travers un taux de change du dinar "surcôté" sur la place officielle.

"Les importateurs passent actuellement par un système bancaire avec un taux de change qui ne reflète pas toujours sa véritable valeur. La véritable valeur du dinar est probablement plus proche de celle du marché parallèle. L'Etat est donc en train de subventionner indirectement l'importation", a-t-il déploré.

Toutefois, il estime que le recours au financement des importations par les moyens propres en devises de l'importateur est une solution "dangereuse" puisqu'elle encourage davantage le marché parallèle.

"Il faut d'abord contrecarrer le marché parallèle de change en travaillant sur la parité du dinar de manière à ce que le taux officiel et celui du parallèle se rapprochent", suggère-t-il.

En outre, le ministre a réaffirmé qu'une évaluation du système de subvention était en cours au niveau du gouvernement: "Nous sommes en train de travailler pour voir concrètement comment basculer d'un système de subvention généralisé vers un système ciblé qui nous permettra de mettre fin à cette incohérence qui contribue aux dérèglements observés dans le commerce extérieur".

Evoquant la nouvelle mesure exigeant des importateurs un nouveau document attestant que le produit concerné est commercialisé dans le pays d'origine, le ministre a estimé qu'elle ne représentait pas une contrainte, ajoutant que beaucoup de pays la pratiquent.

Il a fait savoir, dans ce sens, que les trois plus grands pays fournisseurs (Chine, France et Espagne), qui représentent près de 40% des importations algériennes, ont communiqué, par voie diplomatique, les formulaires à remplir ainsi que les organismes habilités à certifier la circulation des produits dans ces pays.

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