Troisième carnage en une semaine: Kaboul sous le choc

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KABUL AMBULANCE ATTACK
Afghan volunteers help an injured men at the scene of a car bomb exploded in front of the old Ministry of Interior building in Kabul on January 27, 2018.An ambulance packed with explosives blew up in a crowded area of Kabul on January 27, killing at least 17 people and wounding 110 others, officials said, in an attack claimed by the Taliban. / AFP PHOTO / WAKIL KOHSAR (Photo credit should read WAKIL KOHSAR/AFP/Getty Images) | WAKIL KOHSAR via Getty Images
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Le niveau d'alerte restait à son plus haut niveau à Kaboul dimanche au lendemain de l'attentat qui a fait près de 100 morts et 200 blessés, suscitant la colère des Afghans qui interpellent les autorités sur internet.

La présidence a décrété "une journée de deuil national" appelant les bâtiments publics et les légations étrangères à amener les drapeaux et annoncé une journée chômée pour Kaboul lundi "pour s'occuper des blessés".

Mais Kaboul, groggy, s'est spontanément repliée, anormalement calme pour un jour de semaine: le trafic est incomparablement fluide par rapport aux bouchons qui engorgent les rues d'ordinaire et les piétons ont déserté les trottoirs.

En revanche la présence policière aux barrages a été renforcée: "Là où deux policiers montent d'ordinaire la garde à l'entrée de ma rue ils sont sept ce matin. D'une manière générale leur présence a été au moins doublée et ils sont très tendus", a rapporté une jeune femme à l'AFP.

La zone de l'attentat et un large périmètre autour sont toujours entièrement bouclés.

Le dernier bilan, publié par le ministère de la Santé, fait toujours état de 95 morts mais porte le nombre des blessés à 191 (contre 158) selon Waheed Majrooh, porte-parole du ministère de la Santé.

"Parmi les blessés on a compté 182 hommes et neuf femmes", a-t-il précisé, ajoutant que l'hôpital Jamhuriat, qui se trouve à proximité du lieu de l'attentat "a subi de lourds dégâts mais continue de traiter les patients".

L'explosion au moyen d'une ambulance piégée, revendiquée par les talibans, s'est produite au coeur de la capitale dans une rue supposée les mieux protégées de Kaboul car elle abrite de nombreuses institutions - ministère de l'Intérieur, délégation de l'Union européenne, lycée pour filles Malalai, Haut conseil pour la Paix - et les ambassades d'Inde et de Suède.

Cet attentat, l'un des pires à frapper Kaboul ces dernières années, est le troisième en une semaine dans le pays après l'attaque de l'hôtel Intercontinental le 20 janvier et celle de l'ONG Save The children à Jalalabad (est), mercredi.

Le niveau d'alerte en vigueur depuis une dizaine de jours reste maximal, selon une source de sécurité occidentale.

Les étrangers sont particulièrement visés par les menaces ainsi que les lieux qu'ils fréquentent - hôtels, supermarchés... Aussi, les ambassades, l'ONU, sont pour la plupart placés en "lock down" (confinement sans sorties).

"Le gouvernement doit décréter l'état d'urgence", jugeait sur twitter Mirwais Parsa, militant des droits de l'Homme, qui appelle les autorités à "se rapprocher de la communauté internationale pour répondre aux attaques horribles des ennemis jurés de l'Afghanistan".

"La guerre contre la terreur ne sera pas gagnée avec des prières et des tweets (de condamnation). Le gouvernement doit riposter avec les mêmes moyens contre les parrains des terroristes", s'indignait un autre internaute afghan, Sulaiman.

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Sans le nommer forcément, la plupart des internautes pointent du doigt le Pakistan voisin, accusé de financer et d'héberger les talibans et le réseau terroriste Haqqani - ce réseau a été désigné coupable par un porte-parole du gouvernement.

Naser Danesh a choisi l'ironie: "A Kaboul, démarrer la journée sans explosion, quelle surprise! on n'arrive plus à se l'imaginer".

Mais pas Naweed Qaderi: "Quelle honte pour notre gouvernement qui manque régulièrement de protéger la population. Il faudrait qu'un de nos leaders perde un fils ou une fille pour ressentir le chagrin des pauvres gens".

"La corruption est le problème principal; avec 500 afghanis (moins 8 dollars) le police vous laisse passer aux barrages", assaurait Basir Ahmad.