Le gouverneur de la Banque centrale Chedly Ayari face aux députés: "Vous pensez que j'ai une machine à imprimer les billets à la Banque centrale?"

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CHEDLY AYARI
The new governor of the Central Bank of Tunisia, Chedly Ayari, delivers a speech at a National Constituent Assembly (ANC) to give his speech after being approved as Governor of the Central Bank of Tunisia, after an imbroglio about a month and after another stormy session in the assembly chamber on July 24, 2012 in Tunis. AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/GettyImages) | FETHI BELAID via Getty Images
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En marge d'une séance d'audition face à la commission des Finances à l'Assemblée des représentants du peuple, le gouverneur de la Banque centrale Chedly Ayari a affirmé que "la demande de devises est plus forte que l'offre", ce qui peut être très dangereux pour l'économie du pays.

"À un certain moment nous n'aurons plus d'entrée de devises, vous devez en être conscients; d'autant plus que la demande est en forte hausse" a-t-il indiqué.

"Si demain, on doit acheter du blé, on fait quoi? On dit non, désolé, on n'a pas d'argent?" s'est-il interrogé avant de passer aux dépenses en hydrocarbures: "En 2017, on a dépensé entre 3,5 et 4 milliards de dollars. Vous pensez que j'ai une machine à imprimer les billets à la Banque centrale?" s'est-il emporté.

Passe d'arme avec Mongi Rahoui

Face à ce constat dressé par le gouverneur de la banque centrale, Chedly Ayari, sur la marge de manœuvre limitée en matière de devises, le député et président de la commission des Finances, Mongi Rahoui, a répondu "d'aller chercher la devise au marché noir."

"Nous savons très bien la quantité énorme de devises qui circule au noir. Une lutte contre ce phénomène nous permettra de maintenir la valeur du dinar" a déclaré Rahoui.

De son côté, Chedly Ayari, en réponse aux propos du président de la commission des finances, a estimé que la récupération de la devise située sur le marché noir n'est pas du ressort de la Banque Centrale, mais celui de la douane et des forces de l'ordre.

Un nouvel emprunt obligataire sur le marché international

La commission parlementaire des Finances a donné son accord mardi pour l'’émission d’un emprunt obligataire de 1000 millions de dollars américains au marché financier international.

Dans une déclaration accordée à Mosaïque FM, Houssem Bounenni, membre de ladite commission, a déclaré que cette décision était prévue dans la loi de Finances 2018, et vient en appui au budget de l’État.

"La commission a donné son accord, mais c'est à la Banque Centrale de choisir le moment opportun de sortie sur le marché financier international, afin d'assurer le moindre coût possible" a-t-il ajouté.

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