Oscars 2018: Un film libanais en lice dans la catégorie Meilleur film étranger

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THE INSULT
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CINÉMA - Si "Razzia" n'a finalement pas été sélectionné dans la catégorie Meilleur film étranger, un film arabe fait finalement partie de la sélection. C'est ce que révèle l'annonce aujourd'hui des nominations aux Oscars 2018, grande messe du cinéma américain. Dans la catégorie Meilleur film étranger, "L'insulte" de Ziad Doueiri fait ainsi partie de la liste des films en lice pour la précieuse statuette, aux côtés de "The square" (Palme d'or 2018), "A Fantastic Woman", "Loveless" et "On Body And Soul". Une première pour le cinéma libanais.

"Pour le Liban, c’est un énorme cadeau. Je n’y croyais pas beaucoup, surtout que nous sommes entrés assez tard dans la course. Mais aujourd’hui, cette nomination me remplit de fierté" , a déclaré le réalisateur au journal libanais L'Orient-Le-Jour. "Cette victoire a un goût de revanche. Ce n’est pas supposé être ainsi, mais mon film a été tellement combattu dans mon pays natal que je ne peux m’empêcher de penser que le Liban a aujourd’hui gagné sa victoire contre l’obscurantisme. C’est le cinéma libanais qui est le plus grand gagnant", se réjouit Ziad Doueiri.

"L'insulte est nominé dans la catégorie meilleure du Film langue étrangère aux 90e Academy Awards, pour la première fois dans l’histoire du cinéma libanais".

Des débuts chaotiques au Liban

Déjà récompensé par la coupe Volvi du meilleur acteur, remise au Palestinien Kamel El Basha, à la Mostra de Venise, le film a connu un début chaotique au Liban. Le 10 septembre dernier, son réalisateur, Ziad Doueiri avait été détenu deux heures à l'aéroport de Beyrouth et s'était vu confisquer ses passeports français et libanais.

Ce dernier comparaissait le lendemain matin devant un tribunal militaire, avant d'être finalement relâché suite à un "non-lieu", ses deux passeports en main.

Selon L'Orient Le jour, qui cite l'avocat du réalisateur, ce dernier "était accusé d'avoir violé l'article 285 du code pénal libanais qui interdit toute visite en territoire ennemi sans autorisation préalable".

L'avocat fait ainsi référence au précédent film du réalisateur, "L'attentat", en partie tourné en Israël. Les ressortissants libanais n'ont pas le droit de s'y rendre, les deux pays étant officiellement toujours en guerre, à moins d'une autorisation préalable. Selon l'avocat du réalisateur, ce dernier avait bien adressé une demande au ministère de la Défense, une sollicitation restée lettre morte.

Malgré la polémique, "L'insulte" est finalement sortie en septembre dernier dans les salles libanaises.

Le film raconte la bataille juridique entre Toni, chrétien libanais, et Yasser, un contremaître palestinien, qui vire en affrontement entre les deux communautés:

Il faudra attendre le 4 mars prochain pour savoir si "L'insulte" deviendra le premier film libanais à remporter la célèbre statuette.

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