Pour The Economist, les Tunisiens doivent se mobiliser pour relancer l'économie du pays, comme ils l'ont fait pour la démocratie en 2011

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TUNISIANS STREET
Anti-government protesters wave national flags during a demonstration in Tunis August 6, 2013. Tens of thousands of Tunisians crowded the streets of downtown Tunis on Tuesday to demand the transitional government's ouster, in the largest opposition protest since the country's political crisis began two weeks ago. The secular opposition, angered by two assassinations in its ranks and emboldened by the army-backed toppling of Egypt's Islamist president, is trying to topple Tunisia's Islamist-led g | Anis Mili / Reuters
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"Les Tunisiens ont courageusement choisi la démocratie, ils doivent être tout aussi audacieux pour relancer l'économie de leur pays", c'est ce que l'hebdomadaire économique britannique The Economist a écrit dans un article récemment publié dans son édition papier, suite aux dernières protestations qui avaient secoué le pays.

L'article s'intitule "La Tunisie a besoin d'aide si elle veut rester un modèle pour le monde arabe".

En effet, The Economist retrace sommairement l'évolution de la situation de la Tunisie depuis la révolution, soulignant l'état critique de l'économie tunisienne.

Selon le journal, le pays peine à se relever à cause d'une succession de mauvaises décisions, de l'héritage qu'a laissé Ben Ali, mais aussi de ce qu'il a emporté avec lui, notamment les investisseurs qui bénéficiaient de bon nombre d'avantages, et qui participaient donc à la prospérité économique du pays.

The Economist évoque même une nostalgie de l'époque du dictateur, une nostalgie exprimée par beaucoup de Tunisiens au chômage, qui estiment que le travail était plus accessible avant la révolution.

Selon le journal, les Tunisiens perdraient confiance en l'aboutissement d'une vraie démocratie, à cause de la succession de neuf gouvernements qui n'ont pas réussi à relancer l'économie du pays.

Relancer l'économie est selon The Economist, le seul moyen d'installer la démocratie en bonne et due forme. Et pour relancer l'économie, l'hebdomadaire économique estime que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, doit commencer par s'occuper de la macro-économie, ainsi que de la réduction de la masse salariale de la fonction publique, qui représente 14% du PIB, un des taux les plus élevés au monde.

The Economist souligne également la hausse de 14% du recrutement au sein de l'Entreprise Tunisienne d'Activités Pétrolières (ETAP) pendant les dix dernières années, tandis que le volume de production a chuté de près d'un tiers (29%). S'ajoute à cela une mauvaise gestion des activités pétrolières, dont les revenus ne sont pas investis dans des infrastructures des régions intérieures, chose qui pourrait dissuader les investisseurs de s'y installer.

S'agissant de l'aide étrangère que reçoit la Tunisie, The Economist estime que les pays riches pourraient faire plus. Bien que l'Europe ait décidé d'ouvrir davantage le marché européen aux produits tunisiens, essentiellement l'huile d'olive, ceci serait insuffisant car selon le journal, la France ne soutient pas assez "son ancienne colonie", en plus de la volonté de Donald Trump de réduire l'aide à la Tunisie.

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