Manifestations géantes aux États-Unis pour la 2e "Marche des femmes" anti-Trump

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WOMEN MARCH
LINCOLN MEMORIAL, WASHINGTON DC, UNITED STATES - 2018/01/20: Teena Crenshaw of Martinsville, Virginia raises a fist following a speech at the anniversary of the Women's March.Thousands marched and rallied in Washington D.C. to mark the anniversary of the Women's march. (Photo by J.M. Giordano/SOPA Images/LightRocket via Getty Images) | SOPA Images via Getty Images
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ETATS-UNIS - Manifestations géantes à New York, Washington, Los Angeles ou Chicago: la "Marche des femmes" et ses bonnets roses, qui avaient défié Donald Trump il y a un an, étaient de retour en force ce samedi 20 janvier, portés par le mouvement #Metoo et les élections de novembre prochain.

Il n'y avait pas de chiffre global pour ces rassemblements organisés dans les grandes villes américaines, dont Washington, Philadelphie, Boston ou Denver, pour beaucoup des bastions démocrates qui ont voté contre Trump en novembre 2016.

La plus importante manifestation a eu lieu à Los Angeles, deuxième ville du pays, avec quelque 600.000 manifestants, a tweeté le maire démocrate Eric Garcetti. Le shérif du comté de Los Angeles, plus conservateur, n'a comptabilisé que 300.000 personnes. Il y a un an 750.000 personnes avaient défilé.

A New York, la police a estimé la foule rassemblée sur plusieurs dizaines de pâtés de maisons le long de Central Park à 200.000 personnes:

against trump

Beaucoup étaient coiffées des bonnets roses emblématiques de la marche anti-Trump de l'an dernier, qui avait selon le Washington Post rassemblé plus de 3 millions de personnes à travers le pays.

Dans plusieurs villes, des stars étaient au rendez-vous: le réalisateur Rob Reiner a dénoncé depuis la Californie un président "raciste" et "sexiste", tandis que Whoopi Goldberg à New York et Natalie Portman à Los Angeles exprimaient leur soutien plus global au mouvement anti-harcèlement sexuel #Metoo.

"La seule façon de changer les choses est de s'engager", a déclaré Whoopi Goldberg depuis une tribune placée au pied du Trump International Hotel, un des hôtels de luxe de l'empire immobilier du président. "Nous sommes là pour dire, en tant que femmes, que nous ne supporterons plus" le harcèlement.

Appelant à "une révolution du désir", Natalie Portman a galvanisé les manifestants en soulignant que "l'an dernier, nous parlions du début d'une révolution (...) Aujourd'hui, grâce à vous, la révolution est en marche!"

"La façon dont Trump a traité les femmes et qu'il soit élu malgré tout, je veux qu'il sache que nous formons une force puissante et qu'on va changer ça", a expliqué Heather Arndt, 44 ans, une artiste qui manifestait à Los Angeles.

Au-delà du #Metoo, les pancartes brandies par les manifestants, qui défilaient dans une ambiance détendue, souvent avec enfants et amis, reflétaient les multiples raisons de leur opposition à l'administration Trump: du durcissement de la politique migratoire aux menaces pesant sur le droit à l'avortement en passant par des accusations d'incompétence.

"Par où commencer? Il y a trop de choses qui ne vont pas, je ne peux pas choisir", a déclaré LeighAnn Ferrara, une mère de 35 ans, quant à la raison qui l'a poussée à venir manifester avec deux voisines depuis le nord de l'Etat de New York. Toutes avaient ressorti les bonnets roses tricotés pour la marche de l'an dernier.

"Élan formidable"

Alors que les manifestants dénonçaient en masse les politiques de l'administration Trump exactement un an après son arrivée au pouvoir, le président américain a tenté de présenter les choses à son avantage.

Dans un tweet, il a encouragé à défiler pour "célébrer les réussites historiques et les succès économiques sans précédent des 12 derniers mois" en ajoutant: "Taux de chômage féminin au plus bas depuis 18 ans!".

Au moins un manifestant à New York, Dion Cini, a indiqué manifester "pour soutenir le président" et "le premier anniversaire de la renaissance des Etats-Unis grâce à sa victoire".

Mais à quelques exceptions près, la foule était massivement hostile au locataire de la Maison Blanche et déterminée à se mobiliser pour les élections de mi-mandat de novembre prochain, lorsque les démocrates espèrent ravir aux républicains la majorité du Congrès.

"La marche de l'an dernier avait déjà dépassé les attentes (...) A l'approche des élections de mi-mandat, je trouve que nous avons un élan formidable", s'est réjouie Vitessa DelPrete, 51 ans, une ex-militaire qui manifestait à Washington et sa fille de 14 ans, vêtues en "Wonder Woman" et "Superwoman".

"L'objectif du jour est d'enregistrer des centaines de milliers d'électeurs à travers les Etats-Unis", a aussi affirmé Marion Novack, 71 ans, qui appelait au milieu du cortège new-yorkais à s'inscrire rapidement sur les listes électorales.

La Women's March a d'ailleurs prévu dimanche un nouveau rassemblement à Las Vegas, dans l'Etat du Nevada, dont elle espère faire un exemple de bataille réussie pour la reconquête du Congrès.

D'autres manifestations sont prévues dimanche par les organisatrices, dans quelques villes américaines mais aussi européennes, notamment à Berlin.

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