Tendrara: Les familles des manifestants condamnés comptent tenir un sit-in aujourd'hui

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TENDRARA - Elles avaient espoir que leurs enfants soient libérés. Les familles des jeunes arrêtés suite à la manifestation, qui a eu lieu jeudi 11 janvier dans la commune de Tendrara à Figuig, ont dû y renoncer.

Hier soir, sept des manifestants ont été condamnés à six mois de prison ferme après une audience de plus de six heures au tribunal de première instance de Bouarfa. Les manifestants ont été poursuivis pour, entre autres, atteinte à fonctionnaires publics lors de l'exercice de leurs fonctions, participation à une manifestation non autorisée, port d’armes, et non-assistance à personne en danger, en référence à l’enfant victime de l’accident mortel suite auquel s’est déclenché la manifestation.

Deux autres jeunes ont été arrêtés plus tard. L’un a été condamné à trois mois de prison avec sursis, le même jour, tandis que le verdict contre le deuxième est attendu ce vendredi dans l’après-midi. Ce qui porte le nombre des arrestations liées à la manifestation du 11 janvier, à ce jour, à 9 au total.

"Les familles sont complètement désemparées suite à ce verdict qu’elles estiment trop sévère et aux arrestations qui se poursuivent encore", témoigne un représentant des familles au HuffPost Maroc. D’après ce dernier, ce vendredi risque de connaitre une tension particulière à Tendrara où les familles et habitants de la commune s’apprêtent à manifester leur colère. "Des manifestations sont prévues à partir d’aujourd’hui après la prière du vendredi", nous confie ce militant.

Un comité de soutien de ce que les habitants désigne déjà comme le "Hirak de Tendrara", a annoncé, sur la page Facebook Tendrara Press que les familles des détenus appellent à un sit-in sur la place principale de la commune à 14h. Un sit-in pour dénoncer le verdict, mais aussi pour prévenir de la poursuite du "Hirak pacifique dont les revendications sont justes et légitimes", écrit le comité.

Lundi dernier, une grève générale avait paralysé toute activité dans la commune. Les autorités locales avaient alors pris l’initiative d’ouvrir un dialogue avec les représentants des habitants, dont des parents de détenus. Une réunion à laquelle avaient participé les conseillers de la commune rurale et le président du conseil provincial, d’après notre source qui y était présente.

À l’issue de cette réunion, les autorités locales avaient promis de ne ménager aucun effort pour répondre aux revendications des habitants. "Elles ont levé l’état de siège qui commençait à peser sur les esprits à Tendrara", nous avait précisé notre source.

Si la situation s’envenime, cet "état de siège" risque aussi de reprendre. Coûte que coûte, les habitants ne veulent plus vivre "dans la marginalité", assure ce militant.

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