Spectacle: "Jeux de société", le miroir teinté d'humour que nous tend l'auteur et comédien Jalil Tijani

Publication: Mis à jour:
Imprimer

SPECTACLE VIVANT- "Un one-man-show d’une heure et demie, mêlant français et darija, que j’espère être une petite fenêtre sur le Maroc". C'est ainsi que Jalil Tijani nous décrit "Jeux de société", le spectacle qu'il s'apprête à présenter de nouveau sur scène.

Le comédien endossera, seul sur scène donc, plusieurs rôles: "un fonctionnaire prêt à toutes les contorsions pour flatter son patron et obtenir une promotion, une bourgeoise coupée de la réalité et enfermée dans sa tour d'ivoire et de commérage, un chauffeur de taxi" oscillant entre clichés et éclairs de génie". Mais aussi un jeune homme "souffrant de monomanie salariale" ("qu’est-ce que tu fais, qu’est-ce que tu deviens, t’es à combien?"), ou encore une jeune fille matérialiste ("Avec Karim, ça fait au moins cinq sacs à main qu’on est ensemble maintenant...").

affiche jeux de société

"'Jeux de société' est un one-man-show dans lequel j’ai voulu, à travers une galerie de personnages, dresser un portrait de la société marocaine", indique Jalil Tijani dans la note d'intention de ce spectacle qu'il a écrit et qu'il interprète, et pour lequel il espère réussir "à décrisper des tensions, avec la délicatesse et la bienveillance d’un rire joyeux".

Un rire que Jalil Tijani avait déjà eu l'occasion de provoquer l'année passée à Rabat et Casablanca, deux villes qu'il s'apprête à retrouver pour bien démarrer 2018, en attendant de jouer, comme il l'espère, dans beaucoup d'autres. "C’est tout ce que vous pouvez me souhaiter en ce début d’année. Nous sommes en train de travailler sur une tournée dans plusieurs villes marocaines", confie-t-il au HuffPost Maroc, précisant être en pleine période de repérages des salles et théâtres du royaume. En attendant, Jalil Tijani revient dans cet entretien sur la genèse et l'évolution de ce one-man-show, mis en scène par Yacine Aït Benhassi et à ne rater sous aucun prétexte.

jalil tijani

Pourquoi avez-vous choisi d'appeler votre spectacle "Jeux de Société"?

Il y a bien sûr le sens premier, celui du jeu que l’on trouve en magasin, avec des règles bien définies. Mais c’est le second sens du jeu de société qui m’intéresse, celui dans lequel nous sommes tous les jours et où les règles ne sont pas toujours respectées. Et puis, plus simplement, je joue un spectacle qui parle de la société, donc: "Jeux de Société".

À qui s'adresse votre spectacle?

À toute personne qui préfère rire des situations plutôt que d’en pleurer, avec un certain penchant pour la satire et l’esprit critique. En l’écrivant, je n’ai pas pensé à cibler qui que ce soit, ma seule préoccupation était de construire des personnages justes et touchants, en me disant que si je m’y attelais, le spectacle finirait par trouver son public, ce qui je pense est en train de se produire.

Avez-vous apporté des changements ou de nouveaux personnages à "Jeux de société", depuis vos premières présentations sur scène?

L’an dernier, le spectacle était encore en construction, c’était une phase de rodage. Lors de la toute première date, il durait 1 heure. Aujourd’hui, il fait 1h35. Disons que j’ai rencontré du monde entre temps. Aujourd’hui, le spectacle arrive à maturité et les personnages s’affinent, s’adaptent au contexte et affûtent leurs vannes. 

Qui sont ces personnages que vous interprétez sur scène ?

Ces personnages me sont inspirés de gens du quotidien qui, comme moi, jouent la comédie. Et comme je trouvais dommage que tout le monde ne puisse pas profiter de leur talent, je les ai amenés sur scène avec moi. Ça nous arrive tous de croiser quelqu’un et de nous dire "c’est un vrai personnage", n’est-ce pas? Le mot vient d’ailleurs du latin ‘persona’, qui veut dire le masque de l’acteur. Ça peut être votre voisine, votre chauffeur de taxi, des gens que vous êtes susceptibles de croiser au boulot, dans la rue ou en boîte de nuit, un peu poussés à l’extrême… Ou pas. 

"Sold out"

Si le spectacle se jouera à guichet fermé ce jeudi soir à Rabat, il est encore temps de prendre vos dispositions pour vous amuser le 1er février à 20h00, au Centre Culturel de l’Agdal à Rabat.

Parcours express

Vous l'avez peut-être déjà vu sur le petit écran dans la série française "Kaboul Kitchen", où il signe ses débuts, ou encore dans "Looking for Oum Kulthum", le long-métrage de la réalisatrice iranienne Shirin Neshat. Mais c'est surtout au théâtre que s'illustre Jalil Tijani depuis son retour au Maroc, après trois années passées à l’École du Jeu à Paris. Passé par l’équipe marocaine d’improvisation, avec laquelle il multiplie les tournées, notamment à la Cigale à Paris, et c'est désormais sur les planches qu'il s'illustre avec le one-man-show "Jeux de société".

LIRE AUSSI: