Le ministre de la Santé Imed Hammami revient sur la nomination de Sadok Korbi à l'ONFP: "Je n'étais pas seul à prendre la décision"

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Invité de la matinale de Shems Fm, le ministre de la Santé Imed Hammami est revenu sur la gratuité des soins accordée aux chômeurs par le gouvernement à la suite des mouvements sociaux qui ont secoué le pays.

Selon le ministre, cette décision a été prise en conseil des ministres restreint le 13 janvier et s'inscrit dans le cadre de la politique sociale du gouvernement: "L'objectif est d'accorder l'accès aux soins à tous les citoyens" a-t-il affirmé.

"Nous espérons que d'ici 2020, la couverture sociale touchera tous les Tunisiens" a-t-il ajouté.

"Aujourd'hui, les chômeurs sont en droit de demander de l'emploi de la part de l'État, et jusqu'à ce qu'ils trouvent un emploi, ils ont le droit de profiter de services médicaux gratuits" a expliqué Imed Hammami indiquant que ce service sera mis en application à partir du 1er avril prochain.

"Durant ce trimestre, le ministère de la Santé et le ministère de l'Emploi feront un travail de vérification de la situation des chômeurs" a-t-il précisé.

"Aujourd'hui, il y a de la carnet blanc de la gratuité des soins, le carnet jaune pour les tarifs réduits, il y'aura un autre carnet pour une autre catégorie que sont les chômeurs" ajoute le ministre de la Santé.

Cependant, les 650.000 chômeurs ne profiteront pas tous de la gratuité des soins: "Il n'est pas sûr que les 650.000 en profitent" a-t-il déclaré sans donner plus de précisions.

"Cela coûtera à l'État près de 500.000 dinars par an. On a prévu en moyenne 3 consultations par an sur un nombre de 650.000 chômeurs. Ensuite, il n'est pas sûr que tous s'inscriront dans ce programme".

Selon lui, la mise en place de ce services aux chômeurs est une obligation constitutionnelle: "Le secteur de la santé, comme tout le pays, souffre d'un problème de moyens financiers mais la santé pour tous est une disposition constitutionnelle" a-t-il expliqué ajoutant avoir "un budget inférieur à ce qu'on a besoin mais on va faire avec. D'ici 2020, le secteur de la santé sera une priorité du gouvernement".

Nomination de Sadok Korbi: "Je n'étais pas seul à prendre la décision"

Interrogé sur la nomination de Sadok Korbi à la tête de l'Office Nationale de la Famille et de la Population, ce qui a provoqué un tollé, entrainant une réaction du chef du gouvernement, qui l'a refusée, Imed Hammami affirme que "le chef du gouvernement n'a pas à s'expliquer sur son choix".

"Je n'étais pas le seul à prendre la décision de sa nomination. Il y a des détails dans cette histoire dont je ne parlerai pas" mais l'essentiel c'est que "la direction prise par l'opinion publique (...) dans le refus de la nomination de Sadok Korbi a été pris en considération, et c'est bien pour la démocratie" a-t-il réagi.

Après avoir nommé Sadok Korbi à la tête de l'ONFP, le ministère de la Santé a publié un communiqué, lundi, dans lequel il a fait savoir que Rafla Tej a été nommée au poste de PDG de Office sans donner de justifications quant à la décision de démettre Sadok Korbi de ses fonctions. La nouvelle PDG de l'office a occupé, avant sa nomination, le poste de conseillère au sein du cabinet du ministre de la santé chargée du dossier des maladies non transmissibles.

La nomination de Sadok Korbi qui avait occupé le poste de ministre de l'Éducation sous le régime de Ben Ali, a été largement contestée sur les réseaux sociaux mais également à l'Assemblée des représentants du peuple.

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