Assassinat d'Henri Curiel: La justice française rouvre le dossier

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HENRI CURIEL
AFP
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La justice française a réouvert le dossier de l'assassinat du grand ami de l'Algérie, l'anticolonialiste Henri Curiel. Une information judiciaire a été ouverte le 27 décembre dernier et une juge a été désignée début janvier, selon les déclarations à l'Agence de presse française de l'avocat de la famille Me William Bourdon.

Le parquet de Paris avait classé l’affaire en 2009 mais la publication en 2015 d'un livre intitulé Le Roman vrai d’un fasciste français rapportant les aveux d’un barbouze d’extrême droite, René Resciniti incite la fammille de Curiel à demander la réouverture du dossier.

La famille demande depuis la réouverture octobre 2015 de l’enquête judiciaire à la lumière de ces éléments nouveaux. De passage à Alger en juillet dernier, le professeur Philipe Aghion a fait sensation en évoquant l’implication du colonel Paul Aussaresses, l’assassin de Larbi Ben M’Hidi, dans le meurtre de Curiel, le 4 mai 1978 à Paris.

Une conviction largement partagée dans la famille Curiel, dont son fils, Alain Gresh met en cause également l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing.

L’assassinat avait été revendiqué en 1978 par un "groupe Delta" (qui fait clairement référence aux sinistres sicaires de l’OAS) mais tous les éléments d’une opération "omo" décidée au sein du pouvoir français ont été peu à peu réunis à travers les témoignages et des révélations.

Autre lien avec l’Algérie, les experts de la police française ont établi que l’arme qui a servi à l’assassinat du porteur de valise -un pistolet de calibre 11,43- a été utilisée dans l’assassinat le 2 décembre 1977 Laïd Sabaï, gardien à l’Amicale des Algériens en Europe. C’est également un "commando Delta" qui avait accompli le forfait.

Interrogé alors par le HuffPost Algérie, le journaliste Alain Gresh, s'est dit "persuadé que Aussaresses est impliqué dans l’assassinat". Il avait souligné également l’implication du pouvoir français dans ce meurtre. "Aussaresses n’aurait pu "agir à l’époque sans l’aval du président Valéry Giscard d’Estaing. C’est mon intime conviction",dit-il.

Alain Gresh a rappellé à cet effet qu’Aussaresses avait-lui-même admis sa responsabilité dans l’entretien qu’il avait accordé à la journaliste française Emilie Raffoul pour son documentaire sur Curiel.

Il avait avoué devant caméra sa responsabilité avant de se dédire (il était avec son avocat Gilbert Collard, aujourd’hui député du Front National) et donc cet aveu n’a pu être diffusé sur les ondes".

La responsabilité directe des autorités françaises dans l’assassinat de Curiel est aussi l’intime conviction de Sylvie Braibant, la fille de Guy Braibant, cousin germain de Curiel. Elle l’a dit dans son blog sur le site du TV5 monde.

"Au sommet de l’Etat giscardien régnaient d’anciens militants de l’Algérie française qui n’avaient pas fait leur deuil de cette guerre-là", rappelle-t-elle.

"Le général Aussaresses regrettait lors de la sortie de ses mémoires en 2001 ne pas avoir fait tuer des porteurs de valise au temps de la guerre d'Algérie. Plus tard il admettra ne pas être étranger à l'assassinat de cet « Homme à part (titre du beau livre de Gilles Perrault) (ndlr Henri Curiel) qui empêchait tellement de torturer en paix les dirigeants sud-africains et sud-américains...."

Né en 1914 au Caire, Henri Curiel est le fondateur du mouvement communiste en Egypte, il est exilé par le roi Farouk en 1950.

Il s'installe alors en France et soutient la guerre de libération et le FLN pendant la guerre d'Algérie. Il rejoint le réseau fondé par Francis Jeanson, "Les porteurs de valise". Arrêté en octobre 1960, il passe dix-huit mois à Fresnes.
Henri Curiel est libéré après la signature des accords d’Evian. Il échappe miraculeusement à une expulsion du sol français.

Il soutient les mouvements de libération du tiers-monde (fondateur du réseau "Solidarité"), partisan d’une solution négociée entre Israël et les palestiniens, Henri Curiel se trouve dans le collimateur de plusieurs services secrets qui le considèrent comme le chef "des réseaux d’aides aux terroristes".

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