Affaire Audin: Le président français serait prêt à reconnaître le crime commis par l'armée française

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MAURICE AUDIN
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L'Etat français est-il enfin disposé à reconnaître sa responsabilité dans la mort du jeune mathématicien Maurice Audi? Selon le blog publié par l’historien Gilles Manceron sur le site Medipart, le président français Emmanuel Macron serait prêt à franchir ce pas.

"Le 12 janvier, lors d’un hommage à Gérard Tronel, fondateur de l’Association Maurice Audin récemment décédé, Cédric Villani a dit qu’après en avoir parlé avec le président de la République, il pouvait déclarer que : "Maurice Audin a été exécuté par l’Armée française ». C’est un petit pas de plus de la part de de l’Etat vers l’aveu de la vérité… accompagné de beaucoup d’hypocrisie et de lâcheté", lit-on dans l'introduction du texte de l'historien.

Lors d'une table ronde sur "Le prix Maurice Audin et l’affaire Audin, Cédric Villani, Université Claude Bernard-Lyon et député de l’Essonne, de dire qu’après s’en être entretenu avec le président de la République, Emmanuel Macron, "il pouvait s’en faire le porte-parole pour déclarer que "Maurice Audin a été exécuté par l’Armée française". Il n’a mentionné aucun témoignage ni document à l’appui de cette déclaration "autorisée", il a même affirmé qu’il n’existait pas de trace de cette "exécution par l’Armée française" dans les archives, soit qu’il n’en ait jamais existé, soit que des pièces d’archives aient disparues. Tout en ajoutant que c’était aux historiens de travailler pour en savoir davantage."

Un petit pas vers la vérité, estime l'historien qui ne peut s'empêcher de relever l'absence de message lu au nom du chef d'Etat français.

En mai dernier, de nombreuses personnalités françaises s'étaient adressé au chef d'Etat français, fraîchement élu, lui réclamant la vérité sur cette affaire. Pour eux, l'affaire Maurice Audin n'est pas close, tant que le crime sur la disparition de ce brillant mathématicien, qui a fait de l'indépendance de l'Algérie sa propre cause, n'a pas été reconnu.

Les signataires de la lettre dont la veuve de Maurice Audin, affirmaient que "pendant cinquante-sept ans, les autorités françaises ont affirmé qu’il s’était évadé. Le 18 juin 2014, après la publication quelques mois plus tôt d’un livre relatant les confidences tardives du général Aussaresses disant que l’ordre de l’assassiner avait été donné par le général Massu, le président François Hollande a publié un message avouant que "Maurice Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention". Le mensonge d’Etat ainsi reconnu par le président de la République est le plus long de notre histoire contemporaine."

"Comment Maurice Audin est-il mort ? Si un ordre a été donné de le tuer, qui a donné ou partagé cet ordre ? Dans quel but a-t-il été donné ?" s’interrogent les signataire de la lettre avant de souligner qu'il était "temps que sa veuve, Josette Audin, à qui les pouvoirs politiques français successifs ont menti tout en entravant délibérément le travail de la Justice, connaisse enfin la vérité."

Comme son prédécesseur François Hollande, Emmanuel Macron fais un autre petit pas la vérité sans franchir le rubicond. Aura-t-il assez de courage pour reconnaître un crime d'Etat?

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